On le croyait mort et enterré. Que nenni ! Le projet d’ouverture d’un village de marques sur la commune de Villefontaine refait surface. En 2007, un investisseur international lorgnait en effet sur un terrain idéalement situé à deux pas de la sortie d’autoroute, en face d’Hewlett Packard. Ardent défenseur du projet dédié à l’équipement de la personne, Raymond Feyssaguet répétait alors à l’envi que cet investissement de 65 millions d’euros générerait 650 emplois et ferait travailler 3 000 personnes durant les deux années nécessaires au chantier. Sans oublier les retombées fiscales non négligeables pour le territoire. Mais cette alléchante argumentation n’a pas empêché un tollé général chez les commerçants du bassin alors que rien n’était encore fait. Le 29 janvier 2007, 450 personnes s’étaient déplacées de plusieurs départements rhônalpins jusqu’à Bourgoin-Jallieu pour rejeter le principe même de "village de marques". A l’issue du forum avait été adoptée, avec l’appui de la chambre régionale du commerce et de l’industrie, une motion pour dire non "à l’intrusion dévastatrice de cette nouvelle forme de distribution, à ses pratiques déloyales et à ces opérations d’opportunité".
Deux opérateurs sont sur les rangs
Depuis, l’opérateur initial, racheté par un fonds de pension, s’est retiré, crise oblige. Mais déjà deux concurrents sont prêts. Localement, chacun campe sur ses positions. Pour preuve, la réunion tenue la semaine dernière avec la commission économique de la Capi, présidée par Brigitte Karyta. « Il y a eu des débats contradictoires », confirme l’élue. Opposée à l’implantation, la chambre de commerce et d’industrie Nord-Isère, invitée de poids à cette réunion « n’a pas changé son point de vue sur ce dossier », explique le responsable du développement du commerce. Pour l’heure, la Capi, qui a la compétence économique sur le territoire, n’est pas en mesure de trancher. « Il est urgent d’attendre ! », lance Brigitte Karyta. « Il nous faut des études sur l’impact d’un tel équipement sur le réseau, sur la circulation, sur le commerce en centre-ville et en centre-bourg. Il nécessitera certainement des installations. Quel en sera le coût ? Impossible pour l’instant de prendre une décision de principe ». Déterminé, Raymond Feyssaguet déclarait à la presse en début de semaine : « J’irai jusqu’au bout ». Seul hic, l’Epani (ex-Epida), propriétaire dudit terrain de 17 hectares, n’a toujours pas signé de compromis de vente avec qui que ce soit. Son directeur, Pascal Hornung, ne désire pas s’exprimer pour l’instant « sur ce dossier sensible ». Dernière bouteille à la mer pour le maire villard : « Que l’Epida m’ouvre le robinet et je ferai couler l’eau ».
REPÈRES
VILLAGES DE MARQUES
Ce sont des magasins de marques nationales qui proposent des produits à prix réduit (30 % minimum moins cher que dans le commerce traditionnel). Ces centres équivalent à environ 1 000 boutiques de centre-ville, comme à Troyes.
EN RHÔNE-ALPES
A part Romans, la région n’a pas d’autre village de marques. Bellegarde-sur-Valserine (Ain) était candidate mais n’a pas reçu la validation. Le projet de Riorges (Loire) est abandonné. Villefontaine serait aujourd’hui en concurrence avec Villefranche-sur-Saône.
Source : www.ledauphine.com, 17.01.2009