Des villages de marques moins fréquentés en 2008, plus de ventes sur le Net : “ Pas de quoi s’inquiéter pour le concept ”, assure l’observateur Didier Moret.
Un « Marques Avenue » vient d’ouvrir à Corbeil-Essonne, à 2 h 30 de Romorantin (NR de lundi). « Il y a un vide sidéral en région Centre : cette ouverture ne cannibalisera pas notre projet de village de marques avec Unibail » assure Jeanny Lorgeoux. Et les opposants au Carré romorantinais de s’enfoncer dans la brèche. « La zone de chalandise est amoindrie, alors que, déjà, les centres sont en perte de vitesse », expliquent les membres du collectif pour la valorisation du commerce de proximité, Philippe Gauthier et Joël Grand, s’appuyant sur un article du « Journal du textile » du 29 octobre. Alain Salzman, P-DG de « Concepts et distribution », numéro un en France des centres de marques, y explique que « ses centres ont été moins fréquentés durant les huit premiers mois de 2008 et que les chiffres d’affaires n’ont pas bougé. » Et les deux commerçants blésois d’y ajouter l’argument qui leur est si cher : « La poussée du Net ». La toile aurait augmenté ses ventes de 55 % au premier semestre. « Il faut avoir en tête le prix élevé du carburant durant cette période, argumenteDidier Moret, directeur de l’Observatoire européen des centres de marques à Troyes. Les gens ont hésité à se déplacer. Cela nous a inquiétés mais ça devrait s’arranger. Quant au Net, il a bénéficié d’une aura particulière en remplaçant les magasins d’usine. Un centre de marques a une position autre : il redouble de créativité pour toucher une nouvelle clientèle. » Les marques viendront-elles à Romorantin ? Les deux commerçants évoquent le cas du village de Saint-André-de-Cubzac, près de Bordeaux : le porteur de projet ne parviendrait pas à vendre ses espaces. « Ce groupe a des difficultés propres pas du tout liées au concept, assure Didier Moret. Mais c’est vrai que les marques sont de plus en plus sollicitées : après, c’est à chaque opérateur d’avoir les capacités ou non de commercialiser. » Le monde des villages est-il optimiste pour l’avenir ? « Il n’est pas plus pessimiste que d’autres secteurs dans la conjoncture actuelle. De beaux projets fleurissent d’ailleurs : notamment à Honfleur, où un village a été dessiné sur une colline verte complètement végétalisée. »
Cécile Lascève
Source : la Nouvelle République, 04.12.2008