"Sur les traces de Marques Avenue à Romans, deux projets de “villages de marques” viennent émergé tour à tour : le premier à Bellegarde-sur-Valserine ; le deuxième à Riorges, près de Roanne. Portés par des élus locaux persuadés de détenir là un nouveau tremplin pour leur ville, ces programmes sont pourtant loin de faire l’unanimité. Verront-ils le jour ? Réponse dans quelques mois : la décision est entre les mains des commissions départementales d’équipement commercial.
Presque sept ans après son ouverture, Marques Avenue Romans vient d’inaugurer son agrandissement : avec un tiers de boutiques en plus, le site est désormais un poids lourd du commerce régional, visité chaque année par un million de consommateurs qui n’hésitent pas à parcourir plus de 140 kilomètres, en moyenne, pour s’y rendre. Bref, un vrai succès pour ce concept commercial qui avait été à l’origine de chaudes polémiques, locales et régionales. Aujourd’hui la tension est retombée. “Les vrais opposants à Marques Avenue se comptent sur les doigts d’une main”, estime Joseph Guinart, commerçant romanais, président de l’Union commerciale locale à la fin des années 90. Lui qui avait été favorable à la première tranche du projet, soutient aussi la seconde : “L’extension était nécessaire ; elle apportera une plus grande diversité de produits.” Henri Bertholet, maire de Romans, se réjouit lui aussi : “Le pari engagé en 1999 est réussi. La commune comptait 850 emplois dans le commerce en 1995, elle en affiche 1 300 aujourd’hui. Contrairement à ce que les opposants avaient craint, tous les magasins voisins, spécialisés dans l’équipement de la personne, ont prospéré. C’est aussi vrai pour les cafés-restaurants.” Toutefois, le maire insiste sur la clé du succès : “Marques Avenue Romans a fonctionné parce que nous avons pu l’implanter en centre-ville, dans une ancienne caserne militaire réaménagée. Son installation en périphérie n’aurait sans doute pas eu le même effet d’entraînement sur le commerce de centre-ville.”
Présidente de l’Union commerciale, Muriel Gindre n’est pas très éloignée des positions du maire. Et reconnaît que Marques Avenue n’a pas signé l’arrêt de mort des petits commerces de centre-ville. “L’intérêt du site, explique-t-elle, c’est qu’il attire une clientèle lointaine et nouvelle. Une clientèle qui vient aussi flâner dans les rues commerçantes voisines. À nous, commerçants, d’engager une vraie réflexion sur l’évolution de notre offre et de profiter de l’effet Marques Avenue.” Un effet qui devrait être encore accentué : Alain Salzman, le promoteur de Marques Avenue, vient de racheter à la Ville de Romans une galerie marchande, située à quelques centaines de mètres de là. À la quinzaine de magasins actuels viendront s’y ajouter près de 600 m2 de commerces. Une chose est sûre : face à la chute de l’industrie locale de la chaussure, Marques Avenue joue au moins un rôle d’amortisseur. Alors, la reconversion post-industrielle passe-t-elle par le commerce ? À Bellegarde-sur-Valserine comme dans l’agglomération de Roanne, on s’interroge. " Didier Durand
Source : www.brefonline.com, Didier Durand, juin 2006