Si dans un récent article paru dans un magazine spécialisé (LSA du 26 juin), Tours est présenté comme un grand pôle commercial du Centre-Ouest (avec notamment l’ouverture d’Ikea et du futur complexe commercial des Deux-Lions), on tremble déjà ici à l’idée de voir ouvrir un village des marques à Romorantin. A quarante-cinq minutes de la Touraine. Il faut dire que l’affiche a de quoi inquiéter le tissu local : le futur centre proposera un éventail de 86 boutiques haut de gamme sur 18.400 m2, avec parkings intégrés. Les premiers à réagir ont naturellement été les commerçants de Blois, Vendôme et Salbris qui viennent de former de nouveaux recours devant le tribunal administratif d’Orléans pour faire barrage au projet. Ils ont été rejoints par les commerçants d’Indre-et-Loire et plus précisément par la présidente des Unions commerciales qui représente 1.200 points de vente répartis en 40 unions à travers le département. « Il est évident que cette ouverture serait un coup dur porté à notre commerce, notamment dans le créneau de l’habillement féminin et de l’équipement de la maison, résume Josette Lebihan-Kats. Nous avons rejoint nos collègues du Loir-et-Cher au sein du collectif qui combat la multiplication des magasins d’usines. Nous nous sentons menacés. »
’’ Ils instrumentalisent la justice administrative ’’ Et la présidente d’enfoncer le clou : « A Troyes, le centre-ville a mis très longtemps à s’en remettre. A Cholet, le village des marques ne marche pas très bien, et pourtant il provoque pas mal de dégâts. » Également vice-présidente de la chambre de commerce d’Indre-et-Loire, Josette Lebihan-Kats ne souhaite pas engager sa chambre consulaire. Elle concède cependant « que la CCI doit défendre ses commerçants et qu’elle n’est pas favorable au projet romorantinais ». De son côté, Jeanny Lorgeoux, le maire de Romorantin, contre-attaque : « Ces nouveaux recours ne sont pas une surprise. Ils persistent dans leur erreur, avec des manoeuvres dilatoires pour repousser un investissement inéluctable dont ont besoin les Romorantinais et la vallée du Cher. Ils instrumentalisent la justice administrative. »
Jacques BENZAKOUN
La Nouvelle République, 17/07/2008