Les bouches vont se délier. Après des mois sans un mot, ne serait-ce qu’un souffle, sur le dossier.
C’était la stratégie menée pour cette deuxième bouture par la communauté de commune du Pays bellegardien, porteuse du projet Village des Alpes avec la municipalité de Châtillon-en-Michaille. Le même souffle qui est retenu depuis maintenant quelques semaines par les Bellegardiens, en attente de l’avis donné cet après-midi par la commission départementale d’aménagement commercial (CDAC).
Des produits à prix d’usine
À 15 heures, une vingtaine de décideurs (lire ci-contre) prendra place autour de la table ronde, en préfecture à Bourg-en-Bresse.
Ils statueront sur l’implantation, à Châtillon-en-Michaille, d’un village de marques de 16 085 m², contre 23 334 m² pour le projet initial. Un peu moins d’une centaine de boutiques vendront des produits vestimentaires, pour la plupart, mais aussi d’équipement de la maison, de culture et de loisirs, à prix d’usine.
Leur stock, constitué d’invendus et de surplus de production, sera tiré des collections de l’année précédente.
En cette période de crise, les prix pratiqués dans ces villages sont très attractifs. Le groupe Marques Avenue, détenteur de sept sites en France, annonçait justement une hausse de leur chiffre d’affaires sur 2009 (lire notre édition du 7 janvier).
L’investisseur du Village des Alpes, MAB développement, prévoit 1,5 million de visiteurs dans un premier temps, pour ensuite atteindre les 2,5 millions.
Depuis le premier passage du dossier devant la commission départementale, en 2007, les décideurs et les critères ont changé.
Un bâtiment développement durable : son atout
La question économique, bien que plus que jamais sous-jacente, ne sera pas le point de débat de cette table ronde. Le projet sera jugé sur des notions d’aménagement de territoire, d’accessibilité et bien entendu d’environnement (l’effet sur l’animation de la vie urbaine, rurale et de montagne, l’effet du projet sur les flux de transport, les effets découlant des opérations programmées d’amélioration de l’habitat et des zones d’aménagement concerté, la qualité environnementale du projet, son insertion dans les réseaux de transports collectifs).
« La notion de développement durable est justement l’atout de notre deuxième version, remarque Patrick Perréard, premier élu de Châtillon-en-Michaille.
Tant au niveau de la construction, avec des procédés qui permettront de moins creuser, de limiter le terrassement, qu’au niveau du bâtiment, avec des techniques comme la récupération des eaux, les économies d’énergie. »
Du changement à la ville d’Oyonnax
L’autre nouveauté de cette deuxième version est la liste des membres de la CDAC. Des acteurs tels que la CCI, opposée au projet, ne siégeront pas. La ville d’Oyonnax prendra place autour de la table, mais à sa tête, c’est un nouveau maire, Michel Perraud, qui donnera son avis. Bien qu’il n’ait pas souhaité "s’exprimer" sur le sujet, les affinités travaillées avec la ville de Bellegarde depuis les élections municipales laissent penser que la balance pourrait jouer en faveur des porteurs du projet.
REPÈRES
Toute la liste des décideurs
La commission (CDAC) sera composée de 26 membres. Patrick Perreard, maire de Châtillon-en-Michaille ; Michel De Souza, président de la communauté de communes du Pays Bellegardien ; Michel Perraud, maire d’Oyonnax ; Denis Perron, vice-président du Conseil général de l’Ain ; Régis Petit, maire de Bellegarde-sur-Valserine. Eric Comparat, personne qualifiée en matière de consommation. Marie Alexandre, personne qualifiée en matière de développement durable. Pierre Barillot, personne qualifiée en matière d’aménagement du territoire (excusé). Florent Paquette, maire des Hôpitaux Neufs (excusé). Valérie Chartier, personne qualifiée en matière d’aménagement du territoire (excusée). Christian Giroud, maire de Montalieu-Vercieu. Yves Sauvage, personne qualifiée en matière d’aménagement du territoire (excusé). Patrick Elvezi, adjoint au maire de Lons-le-Saunier. Dominique Biichle, personne qualifiée en matière de développement durable (excusée). Claude Charvin, maire de Rive-de-Gier (excusé). Jean-Philippe Terme, personne qualifiée en matière de développement durable. Hubert Julien-Laferriere, conseiller municipal de Lyon. Christian Bourget, personne qualifiée en matière de développement durable (excusé). Virginie Battista, adjointe au maire de Mâcon. Gérard Thelier, personne qualifiée en matière de développement durable. Roger Barbier, adjoint au maire de Chindrieux ; Claudine Buffaz, personne qualifiée en matière de consommation (excusé). Ségolène Guichard, maire de Metz-Tessy ; Jean-André Ruffin, personne qualifiée en matière de consommation.
Jennifer PARISOT Source : www.ledauphine.com, 19/01/2010