Village des Alpes : La bataille continue à Paris

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Rejeté en CDEC en raison de l’abstention des chambres consulaires et du maire d’Oyonnax, le projet de village des marques de Vouvray est loin d’être mort. Il poursuit son chemin à Paris, devant la commission nationale, qui devra statuer avant quatre mois. Or le dossier, outre le fait qu’il n’a pas de voix contre, a par ailleurs obtenu un satisfecit général des services de l’Etat.

Village des Alpes l’aventure continue en CNEC

Le miracle n’a pas eu lieu : avec trois abstentions et trois pour, le dossier n’est pas passé à Bourg. Mais il a toutes ses chances à Paris

Après l’euphorie du 24 mars à Bourg-en- Bresse, c’était la douche froide pour les partisans et porteurs du projet de village de marques, jeudi 29 mars, à l’isue de la Commission départementale d’équipement commercial  : avec trois voix pour, celle de Châtillon, de la CCBB des consommateurs, et trois abstentions, celles de la CCI, de la Chambre des métiers, et, )lus surprenant, celle du maire d’Oyonnax, le dossier n’atteint )as les quatre voix qui lui auraient permis d’être qualifié, et devra donc jouer les prolongations jusqu’en commission nationale, la CNEC. La sanction est tombée au terme de deux heures de débats présidés par \ëi ! préfet Pierre Soubelet sous les lambris du salon du Parc. « Quand nous sommes entrés dans la pièce, Patrick Perréard et moi, confie le président Michel de Souza, nous savions que les dés étaient jetés d’avance. Dès lundi, avec le vote interne orienté de la chambre des métiers, nous étions convaincus que le président Cormorèche s’abstiendrait. La CCI ne pourrait pas dire oui. Le maire d’Oyonnax également.  » L’abstention de ce dernier est d’ailleurs une surprise : « Je comprends la position de Jacques Gobet, commentait le maire de Châtillon Patrick Perréard il n’a vraisemblablement pas voulu porter le chapeau de l’hostilité et du non, tout en préservant les intérêts de ses administrés et les équilibres de son territoire. Qu’aurions nous fait nous si nous avions été à sa place ? » II n’empêche, la pilule est amère. « Jusqu’au dernier moment, nous avons cru au miracle, poursuit Michel De Souza ; hélas, pour faire des miracles, il faut être le bon Dieu et nous ne sommes pas le bon Dieu. Nous sommes néanmoins abasourdis ; pas surpris, mais abasourdis. Au-delà du sérieux du dossier, jamais la souffrance de la population du bassin bellegardien, qui a perdu 2000 emplois depuis les anlées 60, jamais la dimension lumaine n’a été prise en compte. » « Les chambres consulaires n’ont pas été la hauteur, renchérit Patrick Perréard, remonté. Elles n’ont pas su mesurer l’ampleur du dossier, elles ont fui les responsabilités que leur impose le système en se dédouanant sur le prétexte national  ! »
Jean-Marc Bailly (CCI) et Pierre Cormorèche (Métiers) se sont exprimés sur leur vote à l’issue de la commission. « Je n’ai rien contre Bellegarde, et encore moins contre le village de marques, protestait le premier ; mais en tant que représentant des commerçants qui m’ont élu, et qui sont opposés au projet, je ne pouvais dire oui. De plus, je considère que, vu l’importance du dossier, le dispositif de la CDEC n’est pas adapté ; il relève d’une dimension régionale, voire nationale... N’oublions pas, par ailleurs, que ces trois abstentions peuvent être considérées comme une demi-victoire pour Bellegarde : il n’y a pas si longtemps, il y aurait eu trois voix contre. » Un effet de la mobilisation du 24 mars ? Même son de cloche du côté de Pierre Cormorèche : « II était difficile pour moi de remettre en cause le maillage des petites et moyennes entreprises qui nous font confiance ; je crains par ailleurs que ce type de distribution ne provoque des conséquences au moins aussi grave que celles causées l’explosion de la grande distribution. Nous avons retardé la décision en attendant que les choses soient plus claires à cet égard sur le plan national... » Une façon élégante de botter en touche, selon les élus bellegardiens  : « La vraie victoire, c’aurait été les six oui d’un département ambitieux autour d’un projet structurant pour le territoire, .rétorque Michel de Souza ; nous avions là la possibilité de faire passer l’Ain de la 70e à la 10e place au rang national, les chambres n’ont pas su saisir l’opportunité ! »
Ecoeurement également des investisseurs, Bergerac Outlets, qui communique par la voinde son président Giles Membrey : « Nous sommes déçus par cette décision. Nous avons du mal à comprendre sur quels critères elle a été prise : économique, aménagement du territoire ou politique. Nous avons été surpris que certains ne reconnaissent à ce projet que des aspects négatifs, en passant sous silence toutes les opportunités offertes par le Village des Alpes©. Nous sommes navrés pour la population du bassin bellegardien, qui nous a tellement soutenus ces derniers mois. Un oui était une décision cruciale pour l’Ain ; maintenant, elle ne lui appartient plus. Nous prévoyons un délai de 6 à 8 mois avant passage en CNEC, où nous avons bien l’intention de nous pourvoir au plus vite. Ce n’est qu’un contretemps dans notre programme. Nous n’avons pas franchi toutes ces étapes pour abandonner au premier obstacle. Nous relèverons donc, avec la CCBB, notre partenaire, le défi d’une consécration nationale ! »
L’aventure continue en CNEC La CNEC, commission nationale d’équipement commercial  : voilà donc la nouvelle échéance pour ce dossier qui n’a pas fini de faire couler de l’encre. Que va-t-il donc maintenant se passer ? Outre l’investisseur, Bergerac, trois autres entités peuvent porter recours au plan national en faveur du dossier : les politiques, en les personnes du maire de Châtillon et du président de la CCBB, co-porteurs du projet ; les associations de consommateurs de l’Ain, favorables au dossier ; et le représentant de l’Etat, même s’il paraît peu probable, en cette période préélectorale, que la préfecture se hasarde dans cette aventure ; mais sait-on jamais ?
Seule certitude actuellement, Bergerac et la CCBB monteront au créneau, « en y mettant autant d’énergie que nous en avons passé pendant deux ans, ce qui n’est pas peu dire ! » soulignait le président. Et finalement, après analyse, le dossier ne se présente pas mal du tout. En effet, il n’a du fait des abstentions pas eu de voix contre, ce qui est un atout non négligeable. Par ailleurs, et c’est aussi une bonne nouvelle pour ses supporters, il a reçu une conclusion favorable sans restriction de tous les services de l’Etat qui l’ont instruit.
Quant à la crainte de voir surgir des projets concurrents avant que le Village des Alpes ne passe en CNEC, elle pourrait être réduite par la période électorale que nous allons traverser.
En fait, le dossier ne s’est jamais aussi bien présenté qu’aujourd’hui... Rendez-vous en septembre-octobre pour un prochain verdict.


Réactions - Réactions - - -

Denis Morëi, Président du Pôle commercial d’Oyonnax :
« Nous sommes furieux contre les chambres consulaires, qui n’ont fait que se laver les mains du dossier plutôt que de le condamner. Si on peut comprendre l’attitude du maire d’Oyonnax, qui a refusé de jouer le dindon de la farce, on comprend moins l’attitude de la CCI. Lors de la manifestation contre les centres de marques à Bourgoin-jallieu, le président Bailly s’était clairement exprimé contre ce type de distribution. Là, il s’abstient, c’est inacceptable, nous avions besoin du non parce que nous sommes convaincus que ce type de distribution est nocif. Quant au président Cormorèche, qu’il ne se présente pas dans une réunion à Oyonnax, il va trouver à qui parler... Un consensus mou s’est mis en place autour de cette décision, tout le monde est à l’abri et se tait... Nos adhérents se sentent trahis, nous avons été bernés. Si on avait su ça, nous aussi nous serions descendus à 1000 dans les rues de Bourg ! Pour la suite, nous allons nous concerter avec la Feudac, la fédération de l’habillement, et voir comment fonctionne la CNEC... »

Etienne Blanc. Député de l’Ain.
« La décision négative de la CDEC porte un coup dur à l’économie et au bassin bellegardien, où ce projet constituait un véritable espoir. Mais plus que l’échec économique, c’est l’autisme des chambres consulaires sur les conséquences sociales de cette décision qu’il faut déplorer. Bellegarde n’a pas été entendue alors même que ce projet fait l’unanimité des responsables politiques et économiques locaux, de la population, de la communauté de communes, en passant par toutes les communes sans exception du pays bellegardien. Si je peux comprendre le vote réservé du maire d’Oyonnax, je crois que les chambres consulaires n’ont pas pris la mesure du traumatisme qu’elles infligent ainsi à Bellegarde et sa région. j’organiserai sans délai une réunion de travail avec les élus du secteur pour faire admettre à Paris ce bon sens qui n’a pas présidé à la décision prise localement. Je déploierai tous les efforts nécessaires pour que la commission nationale rectifie ce que l’on peut qualifier de profonde erreur. »

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Source : La Tribune républicaine, Cilles Moine, 5 avril 2007 _

 

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