Hier, « Bellegarde en colère », qui milite pour la création du complexe commercial, a interdit au camion de déchets l’accès à l’usine ’incinération de Bellegarde
I LS ONT APPELÉ ÇA « une réaction par l’absurde ». Le bassin d’Oyonnax a besoin de Bellegarde pour brûler ses déchets. Bellegarde a besoin du vote du maire d’Oyonnax pour valider son projet de village de marques. Si Jacques Gobet s’oppose, alors les Bellegardiens s’opposent à l’entrée du camion d’ordures en provenance d’Oyonnax dans l’enceinte de =’usine d’incinération installée à Bellegarde. Donnant-donnant. Une manière de démontrer la nécessaire solidarité entre deux bassins de vie liés de près par des enjeux économiques majeurs. L’opération, montée avec un effet de surprise, a eu lieu hier matin, à 9 heures. Une cinquantaine d’hommes et femmes, en chasubles jaunes, membres de l’association « Bellegarde en colère », ont fait signe au chauffeur qu’il allait devoir faire demi-tour. Un discours du vice-président Thierry Martinet, une lettre à transmettre au maire d’Oyonnax, une banderole flashée par les quelques hotographes présents et le tour était joué : « Nous ne voulions pas faire une démonstration de force mais simplement un geste symbolique pour prendre l’opinion publique à témoin. Un geste symbolique pour prendre l’opinion publique à témoin Montrer qu’Oyonnax a besoin de nous et ne doit pas l’oublier. En s’opposant à notre projet, on est en train de nous dire "Brûlez nos ordures et fermez-la !". Ce sont des gens qui ne se sont jamais intéressés à notre bassin qui vont décider de son avenir ? »
Fidèle à ses principes de respect de la loi, « Bellegarde en colère » a tenté de donner une couleur bon enfant à la manifestation (après un demitour pour la forme, le camion a quand même pu décharger ses déchets) mais n’exclut pas d’aller plus loin si le désaccord persiste. M. De Barros, le directeur du Sidéfage (Syndicat mixte d’incinération des déchets du Faucigny-Genevois), a observé la scène en toute officielle neutralité. « En tant que directeur de l’usine, je subis l’événement. Mais en tant qu’individu, je l’approuve ! » Le maire d’Oyonnax, lui, n’a pas souhaité réagir à cet appel du pied.
Bourg : très faible mobilisation Une trentaine d’opposants et une poignée d’élus ont défilé hier après-midi Contre la création des villages de marques de Bellegarde et de Tournus, une manifestation était organisée hier à Bourg. Mais l’appel de « Bourg-ensourire » n’a pas été entendue. Une petite trentaines de commerçants de la ville, de Belley, Hauteville, Pont-de-Vaux ou Montrevel étaient là, à peine plus que les journalistes présents et quelques élus comme le député-maire de la ville. Ils ont été écoutés par les représentants de la chambre de métiers, de la préfecture et de la CCI... qui vont peut-être aussi samedi prochain, entendre les prosvillage de Bellegarde et qui eux sont déjà annoncés à près d’un millier.
Pont-de-Vaux s’inquiète aussi Le projet de village de Tournus va bientôt être présenté en commission départementale d’équipement commercial LORS DE LA DERNIÈRE ASSEMBLÉE générale de l’union commerciale de Pont-de-Vaux, Pascal Perraut, pour la CCI, a lancé le débat sur le village de marques de Tournus dont le dossier est présenté ces jours-ci à la CDEC (commission départementale d’équipement commercial) de Saône-et-Loire. Pour la Feudac (fédération des unions artisanales et commerciales) de l’Ain, Yves Clayette, a développé ce sujet en expliquant que lors d’un colloque qui s’était tenu àTroyes en 2003, « on pensait que la France pouvait supporter une quinzaine de magasins d’usine sans que son petit commerce soit déstructuré ». Or, depuis, 35 de ces pôles commerciaux sont installés sur le territoire, et la tendance ne fait qu’amplifier. Ainsi, en Rhône-Alpes, outre Tournus, quatre projets sont annoncés : Bellegarde, Bourgoin-Jallieu, Lyon (Nord) et Roanne. En Rhône-Alpes, quatre projets sont annoncés : Bellegarde, Bourgoin-Jallieu, Lyon et Roanne Le commerce local aurait complètement été « phagocyté » par les magasins d’usines, sur des zones de chalandise s’étendant à plus de cent kilomètres à la ronde. Yves Clayette a annoncé qu’une enquête avait été demandée sur l’impact commercial des 46 magasins d’usines implantés en Angleterre, pays où est né ce concept, en indiquant aussi qu’un collectif national avait été créé pour lutter contre ce type d’implantation. Pierre Cormorèche, président de la Chambre des métiers, a évoqué « le débat difficile » relatif à l’urbanisme commercial. « On ne peut pas laisser faire n’importe quoi, car on se retrouvera dans une société à l’américaine, avec des coeurs de villes et villages désertés par le petit commerce ».
Source : Le Progrès, Jim Gassmann, 20 mars 2007