ROBERT MURET montre rarement ses émotions. Quand bien même il est en colère. Et depuis deux ans et demi, date à laquelle le projet de village de marques a été lancé sur sa commune, le maire de La Cavalerie a pourtant de bonnes raisons de s’arracher ses derniers cheveux. Alors que le promoteur du dossier dispose du permis de construire et surtout des fonds indispensables (15 millions d’euros selon nos informations) à la réalisation de cette surface commerciale (21 000 m 2 , 60 à 65 magasins espérés), l’élu est pendu au bon vouloir du tribunal administratif de Toulouse. « Tant qu’il y a des recours, et c’est bien normal, le promoteur ne veut rien lancer », explique Robert Muret. Ne voyant rien venir, l’élu a écrit le 25 août dernier au greffier de cette juridiction pour lui rappeler l’importance du projet cavalérien – 100 à 150 emplois à la clé – et surtout la nécessité de régler les contentieux au plus vite. Après trente mois d’atermoiements, l’étude de ces différents recours, dont la plupart émanent de communes héraultaises voisines, pourrait intervenir au début de l’année 2010. Les requérants n’ayant aucune chance d’aboutir, semble-t-il, les travaux du village de marques pourraient alors débuter dans la foulée. « Tous les réseaux sont prêts, prévient Robert Muret. Et si j’en crois les responsables duprogramme, ils se disent prêts à le quitter (le village, NDLR) en un an. »Si la réponse du tribunal administratif est négative, en revanche, le maire de La Cavalerie ne fait pas de mystère des conséquences néfastes pour la région. « Si par malheur, notre village de marques, qui je le rappelle sera entièrement financé par des fonds privés - ce n’est pas le cas partout -, ne se fait pas, l’hémorragie commerciale vers Montpellier se poursuivra. C’est la pire des choses qui pourrait arriver. Notamment pour la ville de Millau. »
Dominique Mercadier
Source : www.midilibre.com, 05.11.2009