Verviers (Belgique) : « Veut-on développer la ville, oui ou non ? »

Les responsables de l’Outlet Centre veulent remettre les pendules à l’heure. Ils pointent notamment du doigt les lacunes de la ville de Verviers.

Yaël Reicher, vous êtes la directrice de l’Ardennes Outlet Centre de Verviers. La semaine dernière, le collège communal verviétois annonçait son refus de vous octroyer 17 000 m2 supplémentaires. Aujourd’hui, vous souhaitez réagir et « faire connaître la vérité ». C’est-à-dire ?

Cela fait presque trois ans que nous avons ouvert le centre, et beaucoup de propos souvent erronés ont circulé à notre propos. Nous estimons donc qu’il est temps de remettre les pendules à l’heure.

Vos reproches s’adressent avant tout à la Ville de Verviers, sur sa manière de communiquer, notamment...

Effectivement. De notre côté, nous avons toujours cherché le dialogue et stimulé les coopérations. Nous n’avons jamais utilisé la presse comme moyen de pression. De leur côté, les instances communales nous ont envoyé une réponse à notre demande seulement une semaine après la presse ! Ce n’est pas du tout notre manière d’agir et nous la regrettons. Dès le lendemain même de l’ouverture de l’Outlet, il y a eu de la part de la ville une absence de communication constructive. Nous étions investigateurs de nouveaux projets pour l’Outlet, mais sans jamais d’échos du côté de la ville. Aujourd’hui, on se pose vraiment la question de savoir si on veut vraiment faire avancer une ville et la développer, ou si on agit uniquement par intérêt personnel ou politique...

Concernant le bilan de ces trois premières années de fonctionnement de l’Outlet, celui-ci n’est pas des plus roses, vous confirmez ?

L’Outlet Centre ne remporte effectivement pas à ce jour le succès escompté. Inauguré avec un taux d’occupation d’un peu plus de 50 %, il a du mal aujourd’hui à dépasser les 65 %.

Parmi les raisons qui expliquent cet échec, vous évoquez une très mauvaise gestion au cours de la première année. Vous évoquez également une pression exercée par le collège de Verviers pour ouvrir le centre fin 2005...

Nous ne l’avions jamais dit jusqu’à présent, mais le collège de la ville de Verviers a en effet exercé une grosse pression sur nous pour que nous ouvrions absolument avant cette date, alors que nous n’étions pas prêts ! Seules la moitié des enseignes étaient remplies. Cette pression nous a vraiment causé du tort car on aurait pu prendre quelques mois de plus.

Aujourd’hui, vous souhaitez relancer l’activité de l’Outlet coûte que coûte. Quelles sont vos solutions ?

Une première solution serait d’ouvrir le centre le dimanche ! L’outlet est un projet touristique et il attire principalement la clientèle les week-ends. Pour nous, il est donc très important d’avoir une ouverture le dimanche pour pouvoir survivre. Mais jamais nous n’avons pu ouvrir le dialogue avec la ville à ce niveau-là. Et cela a vraiment créé une diminution de l’intérêt des enseignes pour Verviers.

Une autre condition est également indispensable à votre survie : l’extension du site...

L’Outlet veut changer de cap, en mettant en oeuvre une stratégie de mixité qui combinerait des espaces de vente dédiés à l’outlet et d’autres accueillant des commerces de retail, comme le jardinage et l’ameublement, et autres espaces de loisirs. Une extention du site est donc nécessaire pour rentabilister le projet.

La réponse négative des autorités verviétoises reposait notamment sur la crainte de la concurrence de cette nouvelle activité avec les commerces du centre ainsi que le futur centre commercial. Ce n’est pas votre avis...

Non, pas du tout ! Cette proposition peut parfaitement coexister avec les autres projets. Nous ne sommes en aucun cas concurrents, mais au contraire, complémentaires !

Quelle est désormais l’attitude que vous allez adopter face à ce refus de la ville de Verviers ?

Nos conseillers juridiques y réfléchissent actuellement. Mais quoi qu’il en soit, le groupe Comer (NDLR : propriétaire de l’Outlet Centre) ne souhaite en aucun cas fermer le centre. Nous sommes plus que jamais décidés à aller de l’avant et instaurer un dialogue avec les différentes instances. Car sans leur soutien, il est clair que nous ne pouvons pas avancer !

Interview : Olivia MOONEN

Source : http://www.actu24.be, 05.09.2008

 

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