"Usines Center fixé sur son sort en juin"

" Hasard du calendrier, l’Usines Center de Villacoublay (Yvelines) fêtait hier ses 20 ans. Le plus bel âge ? Ses commerçants le sauront le 14 juin, lorsque la cour d’appel de Versailles rendra son délibéré et déterminera si l’ouverture dominicale des 80 magasins de textile de la galerie (sur 140) peut continuer comme depuis ses débuts en 1986. Hier, ses avocats ont tout fait pour convaincre la cour de confirmer le jugement rendu en première instance. Les juges, contrevenant à la jurisprudence, avaient alors estimé que l’ouverture était certes illégale, mais qu’elle ne portait pas préjudice aux petits commerçants de la ville et qu’elle pouvait donc se poursuivre.

La Fédération nationale de l’habillement a au contraire tenté de démontrer les conséquences néfastes de l’ouverture dominicale de ces magasins de textile. Sondage orienté contre étude biaisée, le débat s’est révélé peu aisé à trancher. Mais c’est devant la salle d’audience que les échanges ont été les plus chauds. Sans avocats et les nerfs à vif. Guy Javice, membre du comité directeur de la Fédération de l’habillement, s’est retrouvé assailli par une quinzaine de commerçants d’Usines Center, pas forcément dans le prêt-à-porter mais qui craignent une baisse de fréquentation le dimanche : « C’est pas nous qui travaillons sept jours sur sept, c’est Internet » ; « Vous dormirez avec 80 chômeurs sur la conscience ? » Ces commerçants évaluent à 35 % la part du chiffre d’affaires réalisé le dimanche et promettent de très lourds dégâts sociaux en cas de fermeture. Guy Javice, esseulé, tente de protester : « La loi, c’est la loi. » La cour ne peut la changer. Reste à savoir comment elle compte l’appliquer. "

Michaël Hajdenberg

nb : Un magasin ne peut en théorie ouvrir que cinq dimanches par an. Il existe toutefois des dérogations pour 180 métiers et pour des zones dites touristiques. Le travail se fait sur la base du volontariat et doit être mieux payé.

Source : 20 minutes, www.20minutes.fr, 27 avril 2006


en savoir plus "Travailler le dimanche : que dit la loi ?"

"La loi est claire : le repos hebdomadaire du dimanche est obligatoire, sauf dérogation. Un salarié ne peut travailler en effet plus de 6 jours consécutifs : au moins un jour de repos (24 heures auxquelles s’ajoute un repos quotidien minimum de 11 heures) doit lui être accordé chaque semaine et, en principe, le dimanche. Le Code du Travail entend ainsi garantir aux travailleurs un repos de 24h consécutives chaque semaine et assurer une situation d’égalité des conditions de concurrence.

Toutefois, deux types de dérogation existent :
- les dérogations permanentes : les entreprises concernées peuvent ainsi avoir une activité le dimanche, tout au long de l’année,
- les dérogations temporaires, autorisées ponctuellement par le préfet ou le maire. Dans certains cas, des compensations doivent être accordées aux salariés.

Quelles sont les entreprises autorisées à ouvrir le dimanche ? Il s’agit par exemple :
- des entreprises industrielles utilisant ou fabriquant des produits susceptibles de s’altérer et de se déprécier rapidement ;
- des entreprises à feu continu ;
- des établissements de vente de denrées alimentaires au détail (travail autorisé jusqu’à 12 heures) ;
- des établissements fabriquant des produits alimentaires à consommation immédiate ;
- des hôtels, des restaurants ;
- des débits de boissons et de tabac ;
- des magasins de fleurs naturelles ;
- des hôpitaux, hospices, asiles, maisons de retraite... ;
- des pharmacies ;
- des entreprises de spectacles, musées et expositions...

D’autres entreprises peuvent également, sous certaines conditions, employer des salariés le dimanche :
- dans certaines communes touristiques et thermales ainsi que dans les zones touristiques à forte affluence, les établissements fournissant des biens et des services destinés à faciliter l’accueil ou les activités de détente et de loisirs du public peuvent, pendant les saisons touristiques et après autorisation du préfet, ouvrir le dimanche ;
- les établissements dans lesquels le repos simultané du personnel le dimanche peut être préjudiciable au public (impossibilité de s’approvisionner un autre jour de la semaine) ou au bon fonctionnement de l’établissement, après autorisation du préfet ;
- les entreprises industrielles fonctionnant avec des équipes de suppléance, couvertes par un accord de branche étendu prévoyant le travail du dimanche, et après accord d’entreprise ou autorisation de l’inspecteur du travail.

Les commerces de détail non-alimentaires habituellement fermés le dimanche, peuvent travailler jusqu’à 5 dimanches par an, sur autorisation du maire (ou du préfet à Paris).

Quelles sont les compensations accordées au salarié ? Dans tous les cas, le salarié doit bénéficier d’un temps de repos hebdomadaire. Celui-ci peut être organisé par :
- roulement du personnel ;
- fermeture de l’établissement un autre jour de la semaine ; repos du dimanche midi au lundi midi ;
- repos le dimanche après-midi avec repos compensateur d’une journée par quinzaine. En revanche, d’autres compensations ne sont prévues que dans certains types d’entreprises. Elles concernent :
- les entreprises industrielles fonctionnant avec des équipes de suppléance : la rémunération des salariés concernés est majorée de 50% ;
- les commerces de détail non-alimentaires qui ont obtenu l’autorisation du maire d’ouvrir 5 dimanches, au plus, par an. Les salariés bénéficient d’une majoration de salaire égale à 1/30e de la rémunération habituelle. Un repos compensateur doit être accordé dans la quinzaine qui précède ou suit le dimanche travaillé, sauf si celui-ci précède une fête légale : le repos doit alors être accordé le jour de cette fête. "

Source : 20 minutes, www.20minutes.fr, 27 avril 2006

 

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