La fermeture, il y a six mois, de son usine historique avait entraîné aussi celle du magasin d’usine. Le chocolatier a trouvé une solution.
Il y aura bientôt six mois, à la fin du mois de septembre, Jacquot fermait son usine de la rue Beauregard, à Troyes. Pendant des décennies, cette usine avait été son unique site de production. Mais à partir de 1985, le chocolatier s’est développé aux Ecrevolles où il a fini par regrouper ses activités. La fermeture de « Beauregard », comme l’appellent les salariés, a entraîné en même temps la disparition du magasin d’usine. Celui-ci était installé en face du bâtiment bleu qui a longtemps accueilli les bureaux. Nombreux étaient les Troyens à le fréquenter. Et dès que Beauregard a été fermé, plus d’une personne a appelé l’entreprise pour savoir ce qu’il était devenu. En fait, il avait fermé purement et simplement. Devant le nombre d’appels, le groupe Cémoi, qui a racheté Jacquot, est non seulement revenu sur sa décision mais a décidé de lui donner davantage d’ampleur. Au lieu de le remettre dans un de ses bâtiments des Ecrevolles, il l’a installé avenue Jean-Jaurès, à Pont-Sainte-Marie, juste en face de Mc Arthur Glen. « Ce qui devrait lui permettre d’attirer une clientèle extérieure à Troyes. Car, à Beauregard, venaient surtout des Troyens », commente Valérie Mangin, la nouvelle gestionnaire du magasin. Ce magasin d’usine sera, de plus, ouvert toute l’année. Ce qui n’était pas le cas de celui de Beauregard. « Il n’était accessible que d’octobre à avril, en fait pour Noël et Pâques », rappelle Valérie
Mangin. Ce qui correspondait à l’activité saisonnière des ets Jacquot qui fabriquent principalement pour ces deux périodes phares de l’année. Alors que Cémoi s’est spécialisé sur les produits permanents. C’est-à-dire les tablettes de chocolat, les nounours, les petits chocolats qui accompagnent le café, les dragées, etc. Pour le moment, ce magasin d’usine propose principalement les produits Jacquot. « Mais nous espérons aussi avoir des permanents de chez Cémoi, lequel ne possède pas de magasin de déstockage », confie Valérie Mangin. À Pont-Sainte-Marie, les ets Jacquot vont vendre les mêmes produits qu’auparavant rue Beauregard : c’est-à-dire leurs surstocks. Autant avec le textile, on comprend tout de suite de quoi il s’agit, autant avec le chocolat, c’est moins évident. « Il arrive qu’un client ne prenne pas la totalité de la commande qu’il a passée. Le restant devient un surstock », explique Valérie Mangin. Ouvert depuis mardi, ce magasin d’usine propose actuellement des gros œufs de Pâques à 3 euros alors qu’ils sont vendus le double dans le commerce. Il y a plus d’une dizaine d’années, les chocolatiers pouvaient refondre une partie de ces chocolats. Aujourd’hui, cela est interdit. D’où l’intérêt d’avoir un magasin d’usine. Toutefois, celui-ci n’écoulera que des produits emballés ou en sachets. « Pour des questions de traçabilité, il ne nous est plus possible de vendre des chocolats en vrac », explique Valérie Mangin. Les magasins d’usine, comme les autres, sont obligés de vivre avec leur temps.
Jorge D’HULST
Source : www.liberation-champagne.fr, 13.03.2010