" Tournus. La nouvelle année verra-t-elle l’aboutissement du projet de centre de marques ?"

" La ville est dans l’attente du devenir d’un dossier qui l’anime depuis déjà bien des années L’année 2005 s’est achevée sur une question : celle de savoir si le projet de centre de marques de Bellegarde peut s’avérer dangereux pour le dossier tournusien. La réponse ne devrait pas tarder. Tournus est dans l’expectative. Et les Tournusiens doutent. Ils ont le sentiment que le dossier du centre de marques de Tournus risque fort d’être remisé définitivement dans les cartons. Cette appréciation, un brin fataliste, leur est bien sûr inspirée par le projet concurrent de Bellegarde dans l’Ain, qui a fleuri il y a quelques semaines après avoir été préparé dans la plus grande confidentialité. Ficelé avec l’aide d’un promoteur anglais quasiment inconnu dans le paysage des centres de marques français, la join-venture Bergerac Estates Limited, et localisé dans la proximité immédiate de l’échangeur de l’A40 de Châtillon-en-Michaille, le dossier de la communauté de communes du Bassin bellegardien a de sérieux arguments pour lui. L’ennui, c’est que se sont pour partie les mêmes arguments que ceux développés par la deuxième mouture du projet porté à Tournus par le promoteur G.V.A. Comment convaincre qu’on « réorientera » avec succès la zone de chalandise du deuxième projet tournusien en visant cette fois-ci plus directement la Suisse par des produits haut-de-gamme, quand le projet de Châtillon exploite rigoureusement la même idée, tout en étant beaucoup plus près de la frontière ? Bien entendu, les tenants du dossier de Tournus ne désarment pas. L’« union sacrée » des élus locaux comptera à coup sûr dans les développements à venir. Mais enfin, le calendrier risque bien d’être déterminant dans cette affaire. Le scénario le pire serait que la commission d’équipement commerciale de l’Ain, faisant fi de l’avis négatif prévisible de la Chambre de Commerce et d’Industrie de ce département (qui, ayant combattu férocement le projet de Tournus, devrait confirmer sa position en refusant celui de Châtillon), vote majoritairement pour le projet qui semble tomber à point nommé dans un contexte économique difficile. S’il n’y a pas appel, le projet de Châtillon aurait alors les coudées franches pour aboutir... Surtout si, dans le même temps, la commission d’équipement commercial de Saône-et-Loire votait une nouvelle fois contre le projet de Tournus ou qu’un appel était interjeté à Paris contre un éventuel vote positif de sa part. Tout ceci, bien entendu, n’appartient qu’au domaine des hypothèses. Mais ce sont bien ces hypothèses qui suscitent aujourd’hui nombre de doutes à Tournus. D’autant qu’on commence à évoquer un troisième projet de centre de marques, toujours en Rhône-Alpes, mais cette fois-ci en Isère... En attendant, Tournus aborde l’année 2006 avec des projets et des contraintes. Ces projets passeront d’abord par le chantier de rénovation du Champ-de-Mars et du Champ-de-Foire, qui va bouleverser le paysage de la ville dans les mois à venir. Les contraintes résident dans la rigueur que s’impose une ville dont les marges de manoeuvre financières sont des plus réduites. Ce qui, dans un contexte d’incertitudes quant au devenir des grandes usines locales, ramène immanquablement au débat sur le devenir économique de Tournus."

Source : Le Journal de Saône et Loire, 2 janvier 2006

 

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