Saint-Malo : dans un entrepôt, la ruée sur la vente d’usine

Aujourd’hui encore, le groupe textile Beaumanoir casse les prix. Alors que le porte-monnaieest serré, il y a de bonnes affaires à saisir pour de nombreux clients.

Ça commence comme un jeu de piste. On suit le fléchage jaune. Et puis, le parking d’un banal entrepôt. Est-ce là ? Les nombreuses voitures garées l’attestent. Le client pénètre dans les lieux entre deux rangées de carton. L’installation est minimale. Une pancarte « Caisse » trône en haut d’un tas de palettes. À même les cartons, des pulls, des gants, des écharpes de la marque Cache-Cache ou Patrice Bréal. Des portants qui débordent de jupes, pantalons et vestes rangés par taille. Seul « luxe » : des cabines d’essayage et quelques miroirs.

Dans l’atmosphère un peu frisquette, Murielle patiente pour payer. Dans le grand sac prêté à l’entrée, des affaires pour son fiston. « Trois pulls pour 17 €, c’est intéressant ! ». En habituée des lieux, elle évite le mardi, premier jour de la vente d’usine. « Trop de monde ».

Les clients viennent là pour les bonnes affaires. Et, il y en a. Des milliers d’articles des collections précédentes dont celles de l’hiver dernier. Des pantalons ou des sweats à 12 €. Des chemises ou des pulls à 10 €.

Au minimum, 50 % de réduction. Et c’est moins cher si l’on achète par deux ou trois. Mardi, 600 clients ont effectué des achats à une vente devenue une « institution » à Saint-Malo.

Deux fois par an

Depuis bientôt huit ans, le groupe de textile Beaumanoir, basé à Saint-Malo, organise deux fois par an des ventes flashes dans ses entrepôts. « C’est la meilleure façon d’écouler nos articles des collections précédentes », calcule avec pragmatisme Roland Beaumanoir.

Pour le créateur de Cache-Cache et Patrice Bréal, c’est une formule qui ne fait pas concurrence aux magasins traditionnels. « Ces opérations n’ont lieu que deux fois par an, sur quatre jours. Cela reste marginal et si ça devait gêner quelqu’un, je serai le premier touché ». L’entrepreneur reconnaît, qu’au départ, ses propres responsables de magasins sur le pays malouin et dinanais regardaient cette opération avec méfiance. « Cela n’a aucun impact sur nos ventes en boutiques comme le prouvent les chiffres. On ne touche pas la même clientèle ».

Environ 4 000 articles sont en vente. Tout au long de l’année, le groupe mène aussi ce type d’opération ponctuellement dans d’autres régions via des magasins d’usine multimarques. « Faire à Saint-Malo un magasin d’usine serait une fausse bonne idée car nous n’avons pas assez de matière et il y aurait une usure de la clientèle », analyse Roland Beaumanoir.

Isabelle LÊet Karine SOULARD.

Pratique. Entrepôt C-Stock, 21, rue de la Grassinais. De 9 h à 19 h. Dernier jour ce samedi.

Source : Ouest-France, 05.12.2008

 

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