Saint-Louis : Un projet de 90 000 m² qui suscite l’inquiétude

À l’heure des soldes, le commerce de la cité aux Trois Lys se mobilise pour une sérieuse remise… en question d’un projet de centre « d’envergure internationale ».

Les commerçants ludoviciens se bougent. On ne les aura même jamais vus aussi soudés, présents dans l’animation de leur ville. Bien sûr, les soldes ! Mais au-delà l’offre de bonnes affaires, l’action commerciale s’illustre aussi sur le terrain du refus.

Un rassemblement de 350 personnes, des rideaux baissés, des pétitions lancées à la clientèle et un cortège funèbre derrière un cercueil passant devant une commerçante en pleurs sur le seuil de son commerce en liquidation… Jouant au saint patron du commerce de proximité, le député maire Jean Ueberschlag aura su réveiller l’association Articom de Saint-Louis et rameuter encore tous les groupements commerciaux à la ronde en annonçant « un projet mortifère » pour le centre ville et des retombées néfastes jusqu’à Altkirch et Mulhouse. Visé, le centre commercial de la société européenne Unibail-Rodamco : derrière la gare de Saint-Louis (mais sur Hésingue), 75 000 m² de surfaces commerciales et un village de marques de 15 000 m². Un investissement de 350 millions € et l’annonce de plus de 2000 emplois.

Lors d’une séance houleuse en présence des commerçants, les membres du syndicat du Technoport propriétaire du terrain ont approuvé un protocole d’accord encadrant les négociations à venir. Jean Ueberschlag dénonce le manque de concertation, annonce la désertification du centre ville, dénonce la pollution (1 500 véhicules/heures) et en appelle « au bon sens et à la raison » pour revenir aux 24 000 m² du premier projet des architectes Herzog & de Meuron.

Reste que le petit commerce de Saint-Louis souffre déjà : plus d’une vingtaine de vitrines inoccupées. Et les partisans du projet Unibail -la quasi totalité des maires de la communauté de communes — soulignent que « si rien n’est fait, il souffrira quand même car les voisins allemands et suisses ont leurs projets » : 32 000 m² à Bâle (première phase du projet Stucki) et 55 000 m² à Weil-am-Rhein.

Jean-Louis Mossière

Source : www.lalsace.fr, 02.07.2009

 

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