Si, comme Jacques Bastide, le maire de Saint-Laurent, certains affichent leur solidarité communautaire dans l’adversité, d’autres comme Sylvain Guinaudie, le maire d’Aubie, ont voulu marquer leur profond désaccord sur la manière dont Christian Mabille mène le dossier de la ZAC.
« Mais sur le fond, nous pouvons rebondir. Nous avons fait une erreur de communication en mettant en exergue le Village des marques. Pourtant, hormis la piscine, aucun investissement n’est subordonné à son démarrage. Les vrais enjeux pour le territoire dans les années qui viennent sont dans les services à la population et dans les projets inscrits dans le cadre du Siadd. »
Sur le Village des marques lui-même, des précisions sont venues d’Alain Dumas, le maire de Saint-Gervais, récemment mis dans la confidence de l’état d’avancement du dossier et associé au déplacement de Christian Mabille en Espagne, ces derniers jours : « Je ne travaille pas pour rien. Je crois fermement que le projet aboutira. » Il serait néanmoins revu à la baisse d’un tiers avec autant d’enseignes mais moins de surface.
Ayant pris ses distances par rapport à la CCC, Alain Montangon, le maire de Gauriaguet, avait lui réagi, avec son libre-parler habituel par anticipation, la veille, lors des voeux de l’association Durrable. « Le Village des marques tel que nous l’avons conçu est mort ! Un nouveau projet pourrait sortir, réduit, mais qui repartant à zéro, demandera encore des années avant de commencer. » Il parlait aussi de responsabilités : « Ayant mené seul le projet, Christian Mabille, porte une grande part de responsabilité. Il a notamment eu tort de ne pas s’adosser à des spécialistes privés de ce genre d’opérations. Mais les vice-présidents délégués sont aussi responsables d’avoir tout cru et laissé faire sans poser de questions. »
Plus globalement, pour Alain Montangon, la faute de cet échec revient aussi aux élus qui n’ont pas soutenu le grand contournement, à commencer par le maire de Saint-André, le conseiller général et le député. « Les investisseurs étudient d’abord attentivement les infrastructures avant d’implanter un projet. À Toulouse, quand le projet de ceinture autoroutière prévue autour de la ville s’est arrêté, l’investisseur a bloqué les travaux commencés sur le Villages des marques local. » Le citoyen lambda, lui, qu’en pense-t-il ? Il se sentirait plutôt pris en otage. « Moi, je me sens complètement exclu de la vie économique, explique un commerçant de Saint-André. Personne ne nous demande jamais notre avis ou si nous avons des idées pour dynamiser la vie économique locale. Les promesses, ça suffit, maintenant, il faudrait du concret. »
Source : www.sudouest.com, 01.02.2009