Sur les photos qui ornent les « rues » rénovées de l’Usine, on découvre le bâtiment tel qu’il était à l’époque où, avant de devenir le temple des « bonnes affaires » à la roubaisienne, il était l’une de ces industries qui faisaient la fierté de la ville.
PAR MARC GROSCLAUDE
roubaix@lavoixdunord.fr Quand, il y a 25 ans - l’anniversaire que l’on fêtait hier - l’Usine est devenue un centre commercial, le bruit des machines qui fabriquaient le velours s’était éteint. « Mais on reconnaît bien les bâtiments, même de l’intérieur, avec l’emplacement des ascenseurs, la disposition des salles. Peu de gens ont connu l’époque où l’usine de velours fonctionnait. » Francis Baussart est l’un d’eux. Il y a travaillé de 1959 à 1965.
Bien avant que le site, déserté par les ouvriers, retrouve vie grâce à la foule des acheteurs.
« Quand l’Usine a ouvert, c’était en mai 1984 et moi j’ai été embauchée en octobre. » À son arrivée comme assistante du directeur, Marie-Christine Maquet a trouvé un bureau vide, pas d’ordinateur et cette impression qu’il allait falloir tout inventer. Certes, les boutiques dans lesquelles les entreprises textiles écoulaient leurs stocks, ce n’était pas nouveau, mais les rassembler en un même lieu était novateur. Malgré tout, « on sentait bien qu’on était dans des magasins d’usine. Déjà parce qu’au départ, on privilégiait les industriels du Nord comme la Lainière... Et puis les gens farfouillaient à même les cartons, il n’y avait pas le mobilier que l’on connaît actuellement ! » En 1984, 25 boutiques se sont rassemblées dans le premier bâtiment réhabilité. Les autres ont suivi au fur et à mesure de l’expansion du centre commercial.
Avec des changements au passage. « Au début, on avait plutôt une clientèle haut de gamme. Cela s’est élargi quand les enseignes de la vente par correspondance sont arrivées. Et rapidement, les gens sont venus en plus grand nombre et de plus en plus loin. Pour lancer l’activité, on contactait des tours opérateurs, il y avait des clubs de personnes âgées qui venaient : le directeur leur offrait le café... C’est devenu un site touristique.
» Ce regard sur le passé fait sourire Hugues Dalle, l’autre fondateur de ces magasins. « On nous aurait dit que 25 ans plus tard l’Usine deviendrait cela, je ne l’aurais pas cru. Je suis fier du bébé et d’autant plus content d’avoir vu une grosse société comme Unibail moderniser et faire évoluer l’Usine, tout en gardant l’esprit. C’est important pour Roubaix, pour la région et pour le consommateur. »
Source : La Voix du Nord, 29.08.2009