Romorantin : recours au tribunal contre le projet “ Carré des marques ”

Cinq associations de commerçants ont engagé un recours au tribunal administratif contre le “ Carré de marques ” de Romorantin. Information confirmée hier. Ils ouvrent une bataille juridique, dont la première conséquence sera un “ gel ” dans l’avancée du projet.

Notre avocat a saisi le tribunal administratif d’Orléans vendredi, lâche Philippe Gauthier hier matin. L’info va détonner dans le Romorantinais : cinq associations de commerçants lancent une riposte juridique au vote favorable de la Commission départementale d’équipement commercial (CDEC), mi-janvier. Ils contestent la « décision d’urbanisme commercial » (1). « Notre philosophie de départ n’a pas changé, justifie Philippe Gauthier, président du collectif. Nous estimons que ce “ Carré des marques ” est mauvais : à Romorantin comme ailleurs. Nous n’avons rien contre le bassin romorantinais. Nous nous mobilisons contre ce type de structure commerciale. » « Son ampleur, sa surface, son concept (2) sont assez destructeurs pour le commerce de proximité », appuie Me Frédéric Doueb, l’avocat des commerçants. « On nous promet des centaines d’emplois ! Il ne faut pas berner les gens », estimePhilippe Gauthier, qui interroge : combien d’emplois détruits dans le commerce dit « traditionnel » ? Les commerçants espèrent gagner l’annulation du vote de la CDEC. « Notre dossier est épais, soigneusement étayé », défend Philippe Gauthier. « Nous avons repéré plusieurs points assez légers », ajoute Me Doueb, spécialisé dans ce type d’affaires. Pourraient-ils avoir gain de cause ? Leur démarche devrait en tout cas retarder dans l’immédiat l’avancée du projet romorantinais. Les investisseurs Unibail ont toujours souligné qu’ils ne lanceraient pas la construction tant que les possibilités de recours, même non suspensives, n’étaient pas épuisées. Discours rappelé hier, au siège parisien, sans plus de commentaires. A Romorantin, le ton est plus mordant. « Les recours sont une donnée que nous avions intégrée dès le début du projet, répond le maire Jeanny Lorgeoux. Je ne doutais pas que le petit clan de certains commerçants blésois saisirait le tribunal, pour tenter de remettre en cause une volonté publique au nom d’intérêts personnels. »

Jeanny Lorgeoux : “ Nos avocats, comme ceux d’Unibail, sont à l’œuvre ”

« Nos avocats, comme ceux d’Unibail, sont à l’œuvre, poursuit Jeanny Lorgeoux. Ces derniers mois, nous avions emporté la bataille politique sur le fond du dossier. Nous ouvrons aujourd’hui la bataille juridique. Elle sera longue, face à ces manœuvres d’arrière-garde, mais nous la gagnerons. Au bout du compte, l’investissement se fera. J’attends sereinement que le tribunal examine le dossier. » Un autre recours serait aussi sur le bureau des magistrats. Les promoteurs du projet de Mer auraient saisi la juridiction orléanaise dès la mi-mars. Ils n’ont pu être joints hier pour confirmer.

(1) Joint hier, le greffe du tribunal administratif d’Orléans expliquait ne pas avoir encore enregistré le recours. Le dossier serait en lecture auprès d’un magistrat. (2) 88 boutiques sur près de 20.000 m2, proposant des marques à prix dégriffés.

Cécile LASCEVE Natasha MONHOVEN Emmanuel VAUTIER

La Nouvelle République, 09 avril 2008.

http://www.lanouvellerepublique.fr

 

siec 12

(*) Champs obligatoires