Romorantin - Villages de marques : la raison peut-elle dominer la passion

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Didier Moret (à gauche au premier plan) constate que les centres de marques de Troyes ont eu un effet d’entraînement sur le dynamisme du centre-ville.
Le directeur de l’observatoire européen des villages de marques était à Blois jeudi soir pour débattre d’un sujet brûlant.
L’occasion de prendre un peu de hauteur.

Comme ce fut le cas à Romorantin mercredi dernier on aurait pu penser que le débat organisé le lendemain soir à Blois sur le thème des villages de marques attirerait les foules.
Pronostic erroné : la foule s’est résumée à une douzaine de personnes.
Faut-il en conclure que les institutionnels ou professionnels concernés par le dossier estiment en savoir assez pour se forger une opinion ?
Ou que la personnalité des organisateurs (le tandem Neffati-Adaissi, promoteur du projet mérois) a été jugée rédhibitoire ?
Les absents ont eu tort : ils se sont privés de l’exposé technique présenté par Didier Moret.
Directeur de l’observatoire européen des centres de marques à Troyes, animateur d’un cabinet d’études sur le sujet, l’homme suit le phénomène depuis son apparition, au début des années quatre-vingt. "
Il existe cent cinquante réalisations aujourd’hui en Europe, dont une quinzaine seulement en France, le seul pays où chaque nouveau projet suscite une opposition, toujours dans les mêmes termes : menaces sur le commerce traditionnel, rupture des équilibres territoriaux ".

Un centre de marques bien conçu produit de la prospérité pour toute la région

La réalité, assure Didier Moret, est bien différente. Concept d’origine industrielle (le magasin d’usine) et non commercial, le centre de marques répond à un besoin spécifique des fabricants, même si la production s’effectue désormais largement à l’étranger. Il s’agit d’une filière autonome, qui, lorsqu’elle est bien conçue, bien dimensionnée et bien gérée, produit de l’attraction, de la prospérité et des retombées pour tout le tissu économique local.
" Non seulement le centre-ville de Troyes n’a pas dépéri, mais il a reçu l’an passé un trophée national du dynamisme " souligne l’intervenant en dénonçant la " désinformation " entretenue sur le sujet.
Quelles sont les conditions du succès ? Plutôt qu’à proximité d’une grande ville, les sites d’implantation privilégiés se situent dans des secteurs ruraux bien raccordés à quelques pôles urbains et bénéficiant d’un environnement touristique. "
La complémentarité entre centres de marques et tourisme est très forte : il s’agit ici d’achats à caractère ludique plutôt qu’utilitaire avec un mode de fonctionnement lié aux vacances et aux week-ends.
En Espagne, certains centres de marques sont devenus de véritables parcs d’attraction avec restaurants, discothèques et spectacles gratuits ".
Dans ce même ordre d’idées, la marchandise mise en vente doit se " démarquer " clairement de l’offre traditionnelle : " Le centre de marques est et doit rester la session de rattrapage pour les invendus des collections précédentes ".
Prix attractifs, enseignes de prestige, architecture commerciale de qualité contribuent à affirmer le positionnement sur ce créneau étroit, mais porteur.
" Plus l’opérateur est proche des fabricants, et plus il a de chances de bien faire son travail ", estime Didier Moret
À l’un de ces critères, chacun se fera sa propre opinion sur les dossiers de Mer ou Romorantin.
Le Loir-et-Cher est le seul département où deux projets se trouvent en concurrence !.

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Source : La Nouvelle République, Jean-Louis BOISSONNEAU, 30 juin 2007

 

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