Romorantin - Carré des marques : ’’ On est avec vous M. le maire ’’

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700 personnes ont répondu à l’invitation de Jeanny Lorgeoux.
Mercredi soir, un consensus pro-Carré des marques s’est emparé de la Pyramide. 700 personnes, qui avaient reçu le matin-même ( !) un ’’Romo dialogue’’ sur le village, avaient fait le déplacement.
Aucune voix ne s’est élevée contre le projet.

Carré des marques : ’’ On est avec vous M. le maire ’’

Mercredi 18 h. L’équipe d’Unibail, la sous-préfète Pascale Silbermann et le président du Pays Claude Chanal (*) prennent place derrière Jeanny Lorgeoux.
Au pupitre, le maire jubile, il conte le " contexte de délocalisation rendant difficile l’installation d’une entreprise pour remplacer Matra ", et remercie Unibail, " cette grande puissance cotée au Cac 40 ", d’avoirétudié la candidature de Romorantin. Jeanny Lorgeoux s’applique à séduire le public.
Il parle franc, n’hésite pas à citer sa fille ou son épouse, sur un air de confidence. " Soyez bon ! ", lance-t-il bientôt à l’architecte Philippe Gorce, lui tendant le micro.
Sur le grand écran, défilent des images de synthèse. Le public plonge dans un monde idéal où tout rime avec " plaisir du client ", des façades à l’architecture solognote au jardin à la française...

’’ Au minimum 2.000 voitures dans le centre-ville chaque semaine ’’

" Dans les magasins, vous aurez accès aux collections antérieures, indique Marina Jestin, la directrice des magasins de marques chez Unibail . Il n’y aura pas forcément toutes les tailles ou les couleurs mais les produits seront moins chers. "
La zone de chalandise est évoquée : " Elle est évaluée à 1,4 million d’habitants résidant à moins d’1 h 15 et à 9 millions de touristes ", rappelle la directrice.
La parole est au public.
" Le choix de la ville est-il arrêté ? ", demande une femme.
Et Jeanny Lorgeoux de vanter la position stratégique de la ville proche de l’autoroute. " Indépendamment du village de marques, on a déjà une demande pour l’implantation d’un hôtel.
Et puis, avec Unibail, nous sommes un couple fidèle ! " Intervient celui que le maire appelle " Maurice " : " Ce qu’on va consommer là, on ne va pas le faire deux fois ! C’est comme la TVA sociale qui ne va pas faire augmenter les prix ! " Réponse est faite sur la " complémentarité " des produits.
Des participants veulent maintenant connaître l’impact pour le centre-ville.
" 2.000 voitures y passeront au minimum chaque semaine ", lancent les investisseurs.
L’assistance s’exclame bruyamment. " Il faudra prévoir des stationnements et pourquoi pas une navette ?
Y aura-t-il des indications pour renvoyer les gens vers les autres commerces ? " Marina Jestin promet y avoir pensé : " De leur côté, les commerçants devront faire preuve d’imagination.
Tout ne leur sera pas apporté sur un plateau. "
Et le maire de renchérir : " Je constate que, même sans village, les commerces ferment... "
Acquiescements dans la salle. " Faut comprendre qu’à Romorantin, on a du mal à s’habiller quand on a une taille hors norme ", lance une femme.
" On est avec vous Monsieur le maire !
Si vous avez besoin, on pourrait faire une pétition pour vous soutenir... "
Le maire sourit : " Venez plutôt écrire sur le registre de l’enquête publique en septembre... ".
Nouvelle salve d’applaudissements.
Tel un show à l’américaine, la réunion s’achève deux heures trente après avoir commencé.

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(*) Le député Patrice Martin-Lalande s’est excusé.

Source : La Nouvelle République, Cécile LASCEVE et DR, 29 juin 2007

 

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