Romorantin : Carré des marques, nouveaux recours

Le tribunal administratif d’Orléans a confirmé l’information hier après-midi : de nouveaux recours ont été déposés dans la journée contre le projet « Carré des marques » de Romorantin : 18.400 m² de surface de vente, 86 boutiques d’enseignes haut de gamme, 53 millions d’euros d’investissement. La zone de chalandise cible un périmètre d’environ deux heures de voiture autour de Romorantin. Huit associations et fédérations commerciales de Blois, Vendôme, Salbris et des départements voisins, attaquent l’autorisation accordée par la Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) début mai (*). « Ce village de marques déstabiliserait l’équilibre commercial de toute la région », commente Philippe Gauthier, maroquinier blésois et président du collectif interdépartemental Centre. « Quelle peut être la pérennité de ce type de structure face au développement du commerce sur Internet et la forte hausse du coût de l’essence ? Le commerce de proximité a un avenir. Nous tenons à défendre les emplois de centre-ville et centre-bourg. » « Ces nouveaux recours ne sont pas une surprise », temporise de son côté le maire de Romorantin, Jeanny Lorgeoux. « Ils persistent dans leur erreur, avec des manœuvres dilatoires pour repousser un investissement inéluctable dont ont besoin le Romorantinais et la vallée du Cher. Ils instrumentalisent la justice administrative. »

Délais

« Compte tenu des enjeux économiques et d’emplois, j’espère que le tribunal administratif pourra apporter une réponse assez rapidement, dans la mesure de ses possibilités », ajoute l’élu romorantinais. Les recours ne sont pas suspensifs, mais l’investisseur Unibail a toujours rappelé qu’il ne lancerait pas la construction avant qu’ils ne soient tous épuisés. « Les possibilités de recours sont nombreuses », prévient Philippe Gauthier. « Nous ne baisserons pas les bras. » L’investisseur pourrait-il abandonner, de guerre lasse ? « Les dirigeants d’Unibail France sont revenus à Romorantin la semaine dernière », répond Jeanny Lorgeoux. « Nous continuons de travailler le projet. Leur détermination est la même. » Le projet village de marques est lancé depuis bientôt deux ans.

(*) Une première décision avait été rendue en février, avant d’être annulée en raison d’un problème de procédure.

Emmanuel VAUTIER

La Nouvelle République, 16.07.08

 

siec 12

(*) Champs obligatoires