Polémique autour du projet de village des marques montpelliérain

Georges Frêche a suscité la polémique en dévoilant un projet d’installation de "Marques avenue", un village de marques à prix cassés. Les opposants estiment que le commerce de centre-ville souffrira.

U n "coup fabuleux" pour les uns, un "danger" pour les autres : un projet de village de marques à Montpellier, fort de 86 enseignes, suscite une polémique dans la capitale languedocienne depuis que le président divers gauche de l’agglomération Georges Frêche en a dévoilé les contours. Pour ses défenseurs dont au premier chef Georges Frêche, cette implantation va participer au développement commercial de l’agglomération et permettre la création de 360 emplois, une aubaine en temps de crise. Mais pour ses opposants, c’est la mort assurée du commerce de centre-ville, à Montpellier et au-delà, en raison de l’immense attractivité de ce genre de complexe commercial. "Marques avenue", un concept qui s’est déjà développé dans six villes françaises, regroupe des enseignes emblématiques de la mode, de l’art de la table ou du linge de maison, qui écoulent les collections de l’année précédente avec une ristourne de 30 % minimum. Ouverture en 2012 A Montpellier, l’ouverture est envisagée au printemps 2012. Le village attirerait dans l’année 2,5 millions de visiteurs, et générerait plus de 60 millions d’euros de chiffre d’affaires, selon les chiffres de l’Agglomération. "Marques Avenue" s’implanterait dans le quartier Odysseum, qui conjugue, entre autoroute et portes de la ville, le ludique -planétarium, aquarium, patinoire- et le commerce -Ikea, Decathlon- en attendant l’ouverture d’un hypermarché et d’enseignes d’électroménager et de vêtements. A 70 km de là, Raymond Couderc, le sénateur-maire UMP de Béziers, possible adversaire de Georges Frêche aux prochaines régionales, s’inquiète lui aussi pour son centre-ville dans la mesure où, assure-t-il, de tels complexes "assèchent totalement le commerce de détail dans un rayon, de 200 à 300 km". La maire PS de Montpellier, Hélène Mandroux, a elle aussi pris partie pour le commerce du centre-ville et a assuré que "personnellement", elle ne soutenait pas le projet. Réaction immédiate de Georges Frêche qui cite une étude de l’Observatoire européen des centres de marques, selon laquelle "chaque implantation de village de marques a impliqué une augmentation de 10 à 15 % du chiffre d’affaires des commerces de centre-ville". Et Georges Frêche prévient : "Si Marques Avenue ne s’implante pas à Montpellier, il s’implantera dans son Agglomération, et quatre de ses maires se sont d’ailleurs déjà positionnés pour l’accueillir", affirme-t-il sans citer de noms. Dans ce qui ressemble à un bras de fer, M. Frêche l aisse "quelques semaines" à Mme Mandroux "pour réfléchir".

 

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