Paroles d’expert

Alain Salzman est Président-Directeur Général du groupe « Concepts et Distribution » qui compte 7 centres de marques en France, six sous l’enseigne « Marques Avenue » et un sous l’enseigne « Quai des marques » . Dans cet entretien il présente en particulier l’ouverture du centre « Quai des marques » qui aura lieu à Bordeaux en octobre 2007.

Le centre « Quai des marques » doit ouvrir ses portes à Bordeaux en octobre. Quel est l’historique de ce projet ?

La ville de Bordeaux, sous l’impulsion d’Alain Juppé, a été amenée à se développer autour de 2 axes très forts. La mise en place du tramway a généré 6 à 7 ans de travaux et a probablement constitué à la fois un traumatisme fort pour les Bordelais et une véritable fierté. Aujourd’hui, les travaux sont en passe d’être achevés.
Il y a ensuite ce qu’Alain Juppé a appelé « la reconquête des quais ». Bien que située au bord de la Garonne, la ville a longtemps tourné le dos à son fleuve.
La mairie a décidé de rouvrir la ville sur son fleuve par le biais de la réalisation d’une promenade au bord de la Garonne. Sur les quais de la Garonne, il y avait autrefois des hangars. La municipalité a pris soin d’en conserver sept en bout de quai. Ils sont extrêmement proches du centre-ville de Bordeaux.
Cinq d’entre eux seront destinés au commerce. Les deux derniers ont d’ores et déjà été réhabilités en Palais des Congrès et en Cité des Sciences et sont actuellement en fonctionnement. Ce site est extraordinaire car on peut y accéder en tramway, à pied, en vélo, en patins à roulettes mais également en voiture puisque le site bénéficie d’un espace de stationnement de 800 places.
Le centre « Quai des Marques » s’inscrira dans un ensemble d’immeubles assez spectaculaires érigés dans les années 1930, situés à 20 mètres de la Garonne. Toutes les boutiques feront face au fleuve. C’est un endroit qui préfigure du commerce de demain, un lieu de promenade féerique, au bord du fleuve, qui permet de rejoindre le centre-ville de Bordeaux en 20 minutes à pied. Ce qui justifie que l’on s’implante sur ce site plutôt qu’ailleurs, c’est d’abord un immense coup de foudre pour ces bâtiments qui sont absolument somptueux ainsi que la capacité que nous avons d’y créer un commerce objectivement différent. En outre, les pôles urbains les plus importants sont assez éloignés (Toulouse ou Biarritz).
Fondamentalement, pour de nombreux Français et de nombreux étrangers, l’attraction incontestable dans le Sud Ouest reste Bordeaux. Pour nous, il s’agissait d’être au plus proche du pôle qu’est la ville de Bordeaux.
Nous implantons pour une fois un centre peu plus proche du centre-ville qu’on ne le fait d’habitude mais c’est un choix qui est clairement raisonné.

Avez-vous été sollicité par la ville de Bordeaux pour vous implanter sur ce site ?

La ville de Bordeaux est très attachée à la réalisation de ce programme. Il faut faire en sorte que ce site soit un site de destination, qu’on y prenne du plaisir dans la promenade, dans les commerces ou encore dans les restaurants.
Cette reconquête des quais rappelle en quelque sorte les expériences réalisées à Barcelone et aux Etats-Unis notamment. Ces opérations marient l’eau, la restauration, le commerce, la promenade, etc.
Nous sommes au cœur du pari d’Alain Juppé, il est donc normal que l’on nous encourage dans notre projet.

Quel sera le positionnement du centre en matière d’offre ?

Nous n’indiquons jamais de marques avant l’ouverture d’un centre, nous ne l’avons jamais fait et nous ne le ferons jamais.
Tout ce que nous pouvons dire, c’est que nous sommes guidés par le positionnement de la ville de Bordeaux qui est chic, élégante, qui est sur un positionnement plutôt moyen/haut de gamme.
Nous sommes actuellement dans la phase de commercialisation du projet.
La part de l’habillement devrait représenter 80 % de l’offre, les 20% restant devraient être dédiés à l’équipement de la maison. Nous pensons que proposer une offre complémentaire à l’offre textile a du sens, et que les consommateurs nous attendent un peu sur ce terrain là.
Il y aura également beaucoup d’espaces de restauration (8 à 12) parce que nous pensons que nous n’avons pas toujours été très bon dans ce domaine.
Certains d’entre eux sont déjà ouverts et nous veillerons à les compléter.
Nous sommes vraiment dans une logique de commerce associé au plaisir, à la détente intégrée à un pôle commercial complet. Il faut des espaces de restauration, des terrasses car la vue est vraiment superbe.

Quelles zone(s) de chalandise et quelle fréquentation ciblez-vous ?

Nous escomptons attirer entre 1,2 et 1,6 million de visiteurs en année 1. La zone de chalandise visée est le Sud Ouest de la France, qui n’a pas d’offre en matière de centres de marques.
La région de Bordeaux est une zone formidablement touristique, la 2ème ou la 3ème de France. Nous allons travailler afin d’établir des synergies touristiques importantes.
Des paquebots s’arrêtent même à Bordeaux à proximité du centre-ville.
Nous espérons que ces touristes, souvent très disponibles, puissent effectivement faire un tour du côté des quais !

Plus d’infos

Propos recueillis par Caroline Lamy pour Magdus, mai 2007

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