« Les employés de McArthurGlen et de l’Usine ne veulent pas d’un Périmètre d’usage de consommation exceptionnelle (PUCE) » ...
, ouvrant la porte au travail dominical dix dimanches par an (au lieu des cinq autorisés actuellement). C’est le résultat de l’enquête menée par la CGT entre le 16 et le 23 février auprès d’une centaine de salariés des deux centres commerciaux roubaisiens, rendu public récemment.
Le 2 février dernier, le préfet du Nord, Jean-Michel Bérard autorisait l’établissement d’un PUCE à Roubaix, pour McArthurGlen et l’Usine, sur demande du conseil municipal. La raison invoquée : la présence de la concurrence des villes belges où l’activité dominicale est courante.
Une prise de position contradictoire du maire PS René Vandierendonck, dont le parti s’est toujours montré fermement opposé au travail du dimanche. Il avait lui-même voté contre à l’échelle de l’agglomération. Décision d’autant plus étonnante que les salariés n’ont été aucunement consultés. Ils ont appris la nouvelle dans la presse, à l’instar des directions d’enseignes. La CGT a alors décidé de mener l’enquête : comment les employés accueillent-ils cette décision ? Et la réponse, désormais connue, est sans appel : 78 % des personnes interrogées (250 au total) rejettent ce dispositif, premier du genre dans la région. Ils craignent essentiellement de voir leur vie familiale bouleversée et leurs conditions de travail dégradées. La CGT explique que « la base du volontariat est inscrite sur le papier mais dans la pratique, chacun sait qu’il est difficile de refuser à son employeur de travailler le dimanche ». D’autant que ce sont souvent de petits magasins, qui ne comptent parfois que deux salariés, où la rotation des employés est impossible.
Pour la confédération syndicale, les salariés de McArthur et l’Usine subissent une « double peine » car ils sont déjà pour la plupart en situation de précarité : contrats à temps partiel, intérimaires, étudiants... Ils redoutent une banalisation du travail le dimanche.
La CGT doute, en outre, que cela soit économiquement justifié et rentable. Rien n’assure que les Belges - qui comme les Français subissent une érosion de leur pouvoir d’achat - iront en masse effectuer leurs emplettes dans ces centres commerciaux. Un autre problème se pose alors : comment, dans ce cas, payer double les employés, comme l’exige la loi ? Abdelkrim Abdesselam, responsable la section locale CGT de Roubaix parle de « régression sociale ». La confédération syndicale appelle à présent le maire de Roubaix et le préfet du Nord à renoncer à ce projet.
Source : www.lavoixdunord.fr, 09.03.2010