Outlet Centre Verviers : Nike ferme ce soir

Trois fermetures en un mois à l’Ardennes Outlet Centre : Nitya, Dynastar et Nike, qui vit ses dernières heures. La directrice met en avant son projet d’extension et de mixité.

Un rayon à 15 €. Un autre à 25 €. Une tringle « à partir de 10 € ». Sa voisine qui propose des t-shirts dès 7,5 €. Le Nike Factory Store de l’Ardennes Outlet Centre brade ses prix. Avis aux mordus de sportswear ! Mais dépêchez-vous : c’est le dernier jour pour en profiter. Ce soir, vers 18 heures, le magasin baissera le volet. Définitivement. C’est la troisième marque à fermer boutique en un mois sur le site verviétois. L’enseigne de prêt-à-porter française Nitya a déjà mis les voiles en novembre. Ainsi que le spécialiste de la glisse, Dynastar. On le sait, le complexe de magasins d’usine traverse une période difficile.

Nitya, trop haut de gamme

La directrice du centre avance deux motifs à ces trois fermetures en cascade.

Yael Reicher revient d’abord sur la problématique des ouvertures dominicales. Actuellement, le centre est autorisé à ouvrir ses portes 14 dimanches par an. Il souhaiterait pouvoir systématiser ces ouvertures dominicales, comme dans les cités touristiques (Spa, Malmedy, etc.). « Mais la Ville s’y est opposée fermement voici plusieurs mois. Certaines enseignes ont réagi en décidant de fermer boutique. J’avais pourtant prévenu que ce serait extrêmement dommageable ! »

Le second motif avancé par Yael Reicher concerne le projet d’agrandissement et de mixité de l’Ardennes Outlet Centre. Agrandissement parce que le complexe souhaite s’étendre sur davantage de mètres carrés afin de proposer de plus grands espaces de vente (1 cellule = 200 m2 actuellement). Mixité parce que les responsables du centre souhaitent pouvoir combiner l’offre « outlet » à du « retail » - lisez des enseignes de distribution traditionnelle. Des grandes surfaces de jardinage et d’ameublement, notamment. Mais l’Outlet a essuyé un premier refus cet été. Lequel aurait découragé certaines enseignes. Mais pas Yael Reicher, loin d’avoir baissé les bras. « Dès la semaine prochaine, nous allons déposer une nouvelle demande de modification du permis socio-économique. L’objectif est d’attirer des marques plus populaires, de moyenne gamme, capables de drainer plus de monde. » À en croire sa directrice, le centre est en négociation avec plusieurs enseignes, au rayon « outlet » et au rayon « retail ». Cependant, on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs... « C’est sûr que quand on opère de tels changements de cap, cela entraîne des conséquences. Certaines enseignes sont à 100 % derrière notre projet ; d’autres ne se voient pas dans ce nouveau concept. C’était le cas de Nitya, par exemple, une marque très haut de gamme. »

Mais quid de l’équipementier sportif Nike que l’on présente depuis toujours comme « LA » locomotive du centre. Le TGV commercial censé tirer toutes les enseignes vers le haut ? « En réalité, ce n’était pas tout à fait vrai, estime Yael Reicher. Ce n’est pas une aussi grosse locomotive que ça... même si nous sommes attristés de voir Nike partir. Pour dire vrai, nous n’avons pas su trouver d’arrangement entre Nike et le groupe Comer (propriétaire du site). On a donc pris cette décision de commun accord. » Un divorce à l’amiable, en quelque sorte.

Pas d’autres fermetures

La patronne du centre se veut rassurante : aucune autre fermeture n’est en vue. Reste que le complexe est de plus en plus moribond. On ne dénombre plus que quinze boutiques. Si rien ne bouge dans les prochains mois, le château de cartes pourrait bien s’écrouler. « Nous espérons pouvoir avancer sur le projet de mixité dès 2009. Dès que nous aurons eu le feu vert pour l’extension du site. Un grand centre de jardinage manifeste d’ores et déjà un réel intérêt pour venir s’installer ici sur 7000 m2. »

L’opération de la dernière chance ?

Catherine DAHMEN

Source : http://www.actu24.be, 13.12.2008

 

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