Nailloux : un temple de la mode à la campagne

Le Village des marques de Nailloux ouvrira dans un an et vendra du textile griffé à petit prix

Des produits de marque à des prix «  30 à 70 %  » plus bas que dans les circuits habituels. C’est la promesse des promoteurs du fameux Village des marques de Nailloux. Imaginé il y a cinq ans, ce concentré de mode situé au carrefour de deux autoroutes et à une grosse demi-heure du centre-ville de Toulouse, s’est concrétisé hier par la pose d’une première pierre. Une cérémonie accompagnée de la bénédiction des élus. Notamment celle Georges Méric (PS), conseiller général du canton de Nailloux et président de la communauté de communes hôte. «  Il ne s’agit pas seulement d’un projet commercial mais d’un projet de développement du territoire  », affirme-t-il en tablant sur «  la création de 550 emplois directs  » et sur «  le passage d’1,7 million de visiteurs  » par an, dont la moitié de «  locaux  ». Le site, sans concurrence pour l’heure dans le Sud-Ouest, doit ouvrir dans pile un an. 80 boutiques sont annoncées, en plus d’une crèche municipale, d’un office de tourisme en partie financé par la Région et de trois restaurants. «  Nous avons déjà signé directement avec les sièges sociaux de 41 enseignes  », indique Frédéric Fontaine, le PDg du groupe d’investissement Corio. Mais les marques prêtes à déstocker leurs surplus dans la campagne lauragaise réclament pour l’instant la confidentialité. Ce centre commercial atypique est accueilli avec une inquiétude teintée de scepticisme au centre de Toulouse. «  Il y aura forcément un petit impact, souligne Isabelle Hardy, l’adjointe au commerce. Mais si je suis inquiète pour le centre-ville, je le suis tout autant pour ce concept. A mon avis, il arrive tard et va souffrir de la concurrence de nouveaux modes de consommation comme les ventes privées sur Internet et les soldes flottants  ». Un argument réfuté par Frédéric Fontaine. «  Nous possédons un centre de marques similaire en Vendée. En 2009, en pleine crise, son chiffre d’affaires a augmenté de 5 % alors que celui de tous les centres commerciaux chutait de 3 à 8 %  », dit-il. En tant qu’élu à la Chambre de commerce et d’industrie, Marc Vieuxloup veut rester «  neutre  ». Mais en tant que commerçant dans le textile, il «  doute que les Toulousains fassent des dizaines de kilomètres  » pour du shopping. «  Il faudra aussi veiller à ce qu’il s’agisse bien de surplus et non pas de vêtements usinés spécialement  », prévient-il.

Hélène Ménal

Source : /www.20minutes.fr, 03.06.2010

 

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