A Vannes, on se pressait hier dans les magasins. Mais les commerçantsont enregistré davantage d’achats besoin que de coups de coeur.
Juste avant d’arriver au centre commercial du Fourchêne à Vannes, le bus change de cap et contourne la zone. Objectif : éviter les bouchons qui bloquent la voie d’accès aux grands magasins. « C’est à cause des soldes », affirme la conductrice. Il y avait en effet foule tôt hier matin à Vannes.
Dans un des magasins d’habillement de cette zone, une vendeuse préposée aux cabines d’essayage doit, elle aussi, faire face à un engorgement : « Pour moi, c’est chaud en ce moment, je suppose donc que les soldes vont bien ! Le patron est débordé à la caisse. »
Y a-t-il pour autant une véritable affluence pour le lancement de ces soldes ? « C’est vrai qu’on voit beaucoup de voitures sur le parking, mais finalement c’est assez calme », concède Géraldine Hélouin, responsable du magasin de chaussures Bata, dans la galerie commerçante de Carrefour. « Ici, la journée a démarré timidement, comme un peu partout je crois. Mais cet après-midi ça marche déjà mieux. Je pense que l’on atteindra les chiffres de l’an passé : corrects mais sans plus. »
Pour la plupart des commerçants, le diagnostic est le même : pas de progression en vue par rapport à l’année dernière. S’il est encore trop tôt pour évaluer les chiffres de vente, beaucoup constatent souvent un changement dans le comportement des acheteurs. Comme l’explique Christelle Deirou, de Darjeeling Lingerie : « Les clients sont devenus prudents. Ils reviennent plusieurs fois avant de se décider à acheter. Ils repèrent, essaient, demandent conseil. Le panier moyen d’achat est de 60 €, ce qui n’est pas énorme. Mais le phénomène n’est pas nouveau. C’était déjà le cas pendant les fêtes. » Une tendance que résume la responsable de Bata : « Cette année, les gens font surtout des achats-besoin. Très peu de coups de coeur. »
Déjà les grosses remises
Pas de fièvre dépensière non plus dans les magasins du centre de Vannes. Beaucoup d’acheteurs arpentent la rue du Méné, mais avec assez peu de sacs dans les mains. « C’est vrai que le début de journée a été assez calme mais c’est normal, constate Delphine Lateur, responsable du magasin Jennyfer, Depuis ce matin, il y a quand même un flux continu de clients. C’est pas mal dans l’ensemble et ça peut encore changer. »
Pourtant, les enseignes ne lésinent pas sur les remises : - 50 %, voire - 80 %, dès la première démarque. Lamia n’avait pas prévu de faire les soldes. Mais en voyant les offres, elle a décidé d’en profiter : « Avec des rabais pareils, on peut acheter pour presque rien. Des pantalons à 5 € ! Du coup, je reviens demain. »
Chez les commerçants, l’heure est à l’attente. A Darjeeling Lingerie, Christelle Deirou explique que les trois ou quatre premiers jours de soldes sont toujours décisifs : « Après, l’élan s’essouffle rapidement. On a donc jusqu’à samedi pour faire notre chiffre. Si ça continue comme ça, ça ira. »
Source :Ouest-France, 08.01.2009