Montpellier : Le Village des marques tuerait jusqu’à 500 emplois

C’est ce que met en évidence une étude commandée par la CCI

En dévoilant, mardi dernier, les résultats de l’étude commandée par la CCI de Montpellier sur l’impact de l’ouverture d’un Village des marques, Rudy Iovino, son président, n’ignorait pas le poids des chiffres. Car ce que l’étude de Pivadis, le cabinet qui l’a réalisé, laisse entrevoir, c’est ni plus ni moins une catastrophe en terme d’emplois. Le centre-ville perdrait au minimum 265 emplois, au maximum 500. L’infographie ci-dessus, qui reprend les principales conclusions, est assez significative à ce sujet. Bien sûr, il s’agit d’une étude et comme telle elle peut être sujette à contestation. Tout comme peut l’être celle réalisée par Bérénice pour le compte du promoteur du projet, qui prévoit des retombées économiques dès la première année, à hauteur de près de 58 M€ (lire notre édition du 23 septembre).

Il n’empêche, même si un tel équipement commercial constitue incontestablement une richesse économique supplémentaire pour Montpellier et sa région, le tableau est résolument noir dès qu’il s’agit de regarder du côté du prix à payer. « Cela amène à réfléchir sur cette implantation du Village des marques et sur un projet alternatif dans le centre-ville », conclut l’enquête. Autant dire qu’il s’agit là d’un doux euphémisme.

Dans son étude, le cabinet Pivadis propose, à travers les résultats de son enquête, de mettre en relation l’éloignement du Village des marques et les intentions de s’y rendre des personnes sondées. Il ressort que « l’impact diminue très vite au-delà d’un temps d’accès supérieur à 30 minutes, et surtout 40 minutes ». Seuls un quart des moins de 29 ans et près de 30 % des 50-59 ans accepteraient de rallier le Village des marques sur un temps de trajet compris entre 45 minutes et 60 minutes. Si ce résultat se confirmait, l’audience d’un tel équipement commercial n’aurait guère de succès au-delà de Narbonne ou Uzès.

Il vient contredire, quelque peu, le résultat de l’étude de Bérénice qui estime qu’un tiers du chiffre d’affaires attendu serait réalisé avec des personnes résidantes à moins de 30 minutes et 29 % avec une clientèle dont le lieu d’habitation est situé dans une fourchette comprise entre 30 minutes et 90 minutes.

C’était prévisible : la guerre des chiffres et des études ne fait que commencer. Elle servira à alimenter les arguments des uns et des autres. De la routine en somme...

Karim MAOUDJ

Source : www.midilibre.com, 30.09.2009

 

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