Millau : "Village de marques : Le suspense jusqu’au vote"

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Après l’annonce du projet du « Village de marques » à La Cavalerie, les réactions n’ont pas tardé à se manifester.

Robert Muret, le maire de La Cavalerie voit dans ce projet une formidable opportunité pour développer un nouveau créneau économique, « le tourisme commercial ». En effet ces centres visent des zones de chalandises très larges de plus d’un million et demi d’habitants. Ici est visé le triangle Clermont-Ferrand, Montpellier, Toulouse. De plus le maire ajoute qu’il y a à la clé la création d’une centaine d’emplois. Il fait valoir qu’il serait dommage que sa commune ne saisisse pas cette opportunité alors qu’une commune de l’Hérault pas très éloignée fait les yeux doux aux promoteurs. Du coup, estime-t-il, notre région n’aurait aucun avantage mais tous les inconvenients, la fuite commerciale millavoise et pas de créations d’emplois. Alain Fauconnier, maire de Saint-Affrique craint que ce village de marques ne provoque une désertification du commerce du centre-ville de Saint-Affrique et d’autres communes, installé dans des équilibres précaires. Il trouve anormal qu’une commune puisse mettre en danger un territoire, sans aucune concertation préalable. Jacques Godfrain observe une certaine prudence, soucieux de protéger sa commune et ses projets en centre-ville. « Un tel parc n’est pas obligatoirement négatif. J’attendrai l’avis de l’expert pour me prononcer avant de voter », ajoute-t-il .

Un dossier difficile à appréhender

« Vivre Millau » l’association des commerçants indique qu’elle suit de très près ce dossier « afin de proposer ses points de vue et tenter de garantir un équilibre économique cohérent et dynamique pour notre ville. Des réunions de travail sont organisées en collaboration notamment avec la Chambre de commerce et d’industrie et la Mairie de Millau ». Une Chambre de commerce dont le président, Jérôme Rouve refuse de donner son point de vue étant donné qu’il a des intérêts sur la zone. Il s’en remet au vote du bureau, réuni en assemblée extraordinaire le 22 janvier, auquel il ne participera pas, pour définir la position de la CCI. Toutefois pour aider à se forger une opinion, il invite les commerçants de Vivre Millau à participer à une visite du village de marques de Romans le 15 janvier. De plus il propose de recevoir les porteurs du projet afin d’avoir un éclairage précis sur le contenu réel de ce dossier. Cette rencontre se déroulera le 22 janvier. A titre personnel, Michel Amouroux, commerçant à Millau, estime que cette ouverture « est une catastrophe pour le commerce local et va vider le centre-ville ». Pour argumenter sa position il fait référence à une motion que les Chambres régionales de commerce et d’industrie de Midi-Pyrénées, Languedoc Roussillon, Aquitaine, ont ratifiée pour exprimer leur opposition aux implantations de villages de marques sur leurs territoires. Elles justifient cette position par l’inadaptation de la consultation pour accord d’aménagement qui se tient au niveau départemental alors que l’impact de ces centres sur le commerce est interrégional. De plus elles dénoncent une ambiguïté dans leur statut : « Ils ne répondent pas aux critères des vrais magasins d’usines et utilisent une communication publicitaire suggérant une réduction de prix tout au long de l’année ». Or, pour qu’il y ait réduction, il faut un prix de référence. Il est donc jugé que s’exerce une concurrence déloyale avec le commerce traditionnel qui doit appliquer une législation contraignante. Michel Amouroux s’étonne « que le président de la CCI de Millau qui a approuvé cette motion ne se déclare pas contre l’implantation de La Cavalerie ». Pour conclure, on peut estimer que la création d’un centre de marques peut être perçue de deux manières différentes. Soit, comme un facteur d’aménagement du territoire, d’attractivité et de développement économique, procurant emplois et taxe professionnelle dans une zone en difficulté. Soit comme un danger pour le commerce traditionnel local dans des territoires qui se portent bien. Les votants de la CDEC (Commission départementale d’équipement commercial) répondront à cette question à la fin du mois en autorisant ou pas l’implantation du projet. Espérons qu’ils auront fait le bon choix.

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Source :www.som-millau.com, Actualité, Ecrit par Roland Graciannette, 11 janvier 2007

 

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