" Un projet visant un bassin de quatre millions d’habitants implanté à Châtillon-en-Michaille, un deuxième de taille plus réduite à Tournus... Marques Avenue à Romans qui s’étend et voilà que l’on reparle des villages de marques ! Trois villages où l’on consomme de la marque entre Bourgogne et Rhône-Alpes. Zoom aussi sur les magasins d’usines dans l’Ain. Le village de marques est concept né au États-Unis. Il s’agissait à l’époque de regrouper sous un même toit, un grand nombre de vendeurs et de marques pour mieux consommer. Au fil des années, le concept à évolué, au Royaume-Uni par exemple, il est plus raffiné. Il s’agit de satisfaire une clientèle plus exigeante par des produits de qualité supérieure. Les magasins des villages de marques proposent des articles à un tarif de 30 % à 50 % inférieur au prix du marché. Il s’agit d’articles non vendus, en retour de vente, des produits de fin de série et hors saison. Pour Châtillon-en-Michaille, les surplus proviendront très certainement des boutiques de Genève ou Lyon... La qualité des produits est la même que dans les boutiques traditionnelles. En général, ces villages sont situés au maximum à 1 h 30 de route des grandes agglomérations, parfois, comme à Romans, ils sont en plein cœur de ville. Les clients viennent et reviennent entre trois et quatre fois par an, mêlant consommation traditionnelle et tourisme commercial. 70 % des magasins sont visités en trois à cinq heures . De plus,10 % de la clientèle du village est susceptible de se rendre dans la ville la plus proche pour consommer des biens annexes. En France, il en existe quinze. Le plus connu, eu égard à son passé textile est celui de Troyes. Le plus proche de Bellegarde et du département était celui de Romans qui va s’étendre dans quelques semaines. Retour sur ces magasins qui plaisent tant aux consommateurs. Corinne Garay Capter la clientèle genevoise et lyonnaise, voilà l’ambition affichée du futur village de marques de Châtillon-en-Michaille. Idéalement situé entre ces deux grosses agglomérations, le projet de l’Anglais Bergerac Estates outlets SAS, a ciblé cette commune du bassin bellegardien pour séduire une clientèle sur une très vaste zone de chalandise de quatre millions d’habitants et en profitant des atouts des voies d’accès rapides qui irriguent ce territoire. « Le village des Alpes », puisque c’est désormais le nom qu’il se donne, occupera 21 hectares dont 25 000 m2 de bâtiments construits, en bordure de l’A 40. Un village donc plus grand que le dernier né du genre en France à Marne-La-Vallée. 135 boutiques Ce village est conçu autour de trois rues rayonnantes qui desserviront 135 boutiques de 40 à 300 m2. En bout de rues, des boutiques dites « locomotives », de 900 m2 joueront un rôle d’attractivité fort. Environ huit boutiques occuperont des surfaces de 300 à 600 m2. Dès l’entrée, le visiteur sera accueilli dans un bâtiment central comprenant un point d’information, avec terrasse et deux restaurants panoramiques sur les Alpes et s’ouvrant sur une place pouvant recevoir des animations. Espace de transition entre le bâtiment principal et les boutiques, la halle conçue comme un marché couvert accueillera des expositions, des animations festives et culturelles. Pour ces animations culturelles, Bellegarde et le bassin devraient profiter au sein du complexe d’une salle de spectacles. 2 500 places de parking sont prévues., ainsi qu’un espace de jeux et de loisirs situé en contre bas du village avec des pistes de rollers et de VTT, un mur d’escalade et des aires de jeux. Ce village dit de quatrième génération reprendra les standards traditionnels d’un village montagnard : toits pentus en tuiles, architecture de bois, de pierre et de verre afin d’offrir la meilleure intégration possible dans le paysage. Pour coller à l’air du temps, l’architecture respectera les normes de haute qualité environnementale avec l’emploi de matériaux renouvelables et une prise en considération de la gestion économique de l’eau : la récupération des eaux de pluies, le filtrage des eaux avec un lit de roseaux, etc. À la demande des élus du bassin, et de Régis Petit, le maire de Bellegarde tout particulièrement, le promoteur du projet a répondu favorablement à la demande d’implantation sur le site du village d’une unité de production de Lejaby, le fleuron de l’industrie textile locale spécialiste de la lingerie féminine. Lejaby au cœur du village de marques Moyennant un loyer annuel, l’entreprise bénéficiera de nouveaux locaux et d’une vitrine du travail textile à la française en plein cœur du village de marques. C’est une manière aussi de préserver à Bellegarde la soixantaine d’emplois de cette industrie de haut de gamme. Eider, le voisin haut Savoyard spécialiste des vêtements de montagne devrait être aussi présent sur le site. Parmi les marques ciblées 85 % seront à teneur textile de moyenne et haut de gamme. Ainsi on pourrait voir venir des marques telles Adidas, Benetton, Caterpillar, Lacoste, Lafuma, Levis, Mexx, Nike, Oxbow, Polo, Puma, Ralph Lauren, Reebok, Samsonite, Tacchini, Timberland, Tommy Hilfiger, Villeroy et Boch... Reste maintenant à convaincre les membres de la commission départementale d’équipement commercial : le président de la Chambre de commerce et d’industrie, le président de la Chambre de Métiers, le maire de la ville la plus importante de proximité (Oyonnax) , un représentant des associations de consommateurs... Les deux autres membres de droit, le maire de Châtillon-en-Michaille, le maire de Bellegarde ou le président de la CCBB. Ces derniers ne sont plus à convaincre puisqu’ils portent le projet. Un dossier complet en cours de finalisation devrait être déposé auprès de cette commission fin mars début avril. Suivront huit mois d’instructions et la décision pourrait tomber en novembre ou décembre 2006. Si celle-ci était positive, le chantier pourrait débuter en avril 2007, pour 14 à 18 mois de travaux. Corinne Garay
Le village de marques en chiffres • 25,5 Me : c’est le coût du chantier dans sa première phase, puis 20 Me pour la seconde. • 90 Me seront investis à terme avec les aménagements de magasins • 200 Me, c’est l’investissement total, stocks, intérêts fonciers compris que Bergerac met dans l’affaire. • 500 000 heures de travail seront nécessaires pour construire ce village. • 600 emplois à temps plein seront créés. • 300 emplois à temps partiel. • 1,2 à 1,3 millions de visiteurs sont attendus pour la phase 1, puis 3 millions lors de la phase 2.
L’avis du maire de Bellegarde, Régis Petit « Il est temps que Bellegarde prenne sa chance »Ce village des Alpes enthousiasme tout un bassin. S’il lui coûte beaucoup en mobilisation humaine pour faire avancer le projet, il ne lui coûtera rien à terme. Bergerac finance tout. Si le 16 novembre 2005, la Communauté de communes du bassin Bellegardien se prononçait à l’unanimité pour ce village de marques, c’était bien pour dire qu’il y a urgence à ce que le bassin bouge, évolue et profite de cette opportunité. Les commerçants du bassin semblent aussi complètement en accord avec les porteurs du projet. Michel de Souza, le président de la CCBB parle d’un « projet phare » qui colle à leurs ambitions pour métamorphoser ce bassin industrieux en perte de vitesse. Régis Petit, le maire de Bellegarde est encore plus radical : « Le diagnostic vital est engagé. Nous sommes condamnés à aller de l’avant. Nous savons que nous allons être combattus. Mais, c’est ce projet ou l’on crève ! Ce territoire a besoin du coup de pouce qu’on lui refuse depuis 40 ans. Bellegarde s’est fortement dégradé. Nous sommes en train de crever de cette image. Bellegarde dit-il est un pauvre parmi les pauvres au cœur d’un territoire riche parmi les riches. Nous avons ici quatre fois moins de diplômés parmi les moins de 25 ans que le reste du territoire, alors qu’à 20 km de là, il y a la plus forte concentration de matière grise au monde (autrement dit le CERN). Il est temps que Bellegarde prenne sa chance. Personne, dit-il, n’a intérêt à laisser mourir Bellegarde. Si ce projet aboutissait, nous franchirions un cap de manière très rapide, bouleversant ainsi l’image de notre ville et la mettant au même niveau que les autres. Bellegarde ne peut pas continuer son déclin. Et dans le même temps nous n’avons aucune vocation à tuer les territoires voisins. En aucune manière nous ne tuerons le Pays de Gex, le bassin de Chablaisien, celui d’Annecy, d’Oyonnax, le Grand Lyon, la plaine de l’Ain ou le grand Bourg. » Pour Alain Mansion, président de l’agence de développement économique « Ce projet s’intégrera parfaitement au renouveau de Bellegarde : qui construit sa nouvelle gare autour d’une plate-forme multimodale TGV mettant Bellegarde à deux heures trente de Paris, rénove certains quartiers, et établissements scolaires. » Michel Perréard, le maire de Châtillon-en-Michaille, qui s’est beaucoup investi dans l’acquisition des parcelles de terrains, qui seront vendues ensuite au promoteur déclare : « ce projet nous a emballé. Nous avons avec nous le monde des artisans, des commerçants ». Corinne Garay
Tournus (71) - Fashion Village 80 magasins de luxe, un million de visiteurs attendusLe Madeleine Palace, à Tournus, a fait salle comble lors de la deuxième présentation du projet de centre de marques. En 2004, un premier projet n’avait pas trouvé suite. Le 28 février, c’est une version remodelée qui a été présentée aux Tournusiens. L’occasion de souligner les points forts de ce projet. Le promoteur anglais, GVA, a insisté sur la situation géographique de Tournus. Le centre de marques serait installé tout près de l’échangeur de l’autoroute A6, un axe majeur pour capter la clientèle européenne en route vers le sud ou les Alpes. Un trafic estimé à vingt millions de véhicules par an. Très haut de gamme Les produits proposés seraient exclusivement du « très haut de gamme ». La promotion touristique ne serait pas en reste, grâce à une maison du tourisme de Bourgogne du Sud, installée au cœur du centre de marques, qui vanterait autant les sites touristiques de la région, l’architecture, les abbayes... Que les produits régionaux, le vin, la viande charolaise, le poulet de Bresse, en partenariat avec la chambre d’agriculture. Henri Lévêque, maire de Tournus, n’a pas caché son enthousiasme : « La ville de Tournus et la Communauté de communes sont à fond derrière ce projet. Depuis 20 ans, les emplois sont en baisse ici. Ce projet serait l’occasion de créer 300 emplois dans un premier temps, pour atteindre 350 à 400 emplois au bout de trois ans. Nous avons aussi besoin de renforcer le tourisme sur le Tournugeois ». M. Boulay, du cabinet de conseil et expertise en urbanisme commercial « Mall & Market » n’a pas lésiné sur les arguments : « Lors de la construction du viaduc de Millau, les commerçants étaient inquiets quant à la fréquentation de leur centre-ville. Finalement la fréquentation a considérablement augmenté. Même Arnold Schwarzenegger a demandé au maire de Millau sa recette, en vue du pont de San Fransisco ! En France, dix millions de personnes visitent chaque année Notre-Dame, six millions visitent la tour Eiffel, deux millions cinq cent mille personnes se rendent au village de marques de Marne-La-Vallée. » « À Tournus, nous estimons qu’un million de visiteurs pourraient venir chaque année. C’est un chiffre réaliste et raisonnable. C’est conséquent pour une ville telle que Tournus, c’est un amplificateur, dynamisant et un moyen infaillible pour que la notoriété de la ville s’affiche dans toute l’Europe. Le tourisme commercial devient un moyen d’attirer de façon régulière et pérenne des gens. Le projet de Tournus s’inspire précisément de celui de Marne-La-Vallée, soit un village avec uniquement des produits de très haut de gamme et de luxe. Ce projet est réel, vrai, ambitieux, et se positionne comme un accélérateur. Il n’y a pas de concurrence directe ni de compétition avec les commerçants de Tournus, puisque le positionnement est différent. Les produits de luxe qui seront proposés dans ce village de marques ne sont pas en vente dans les boutiques du centre-ville ». Des marques comme Hugo Boss, Kenzo, Clinique, sont d’ores et déjà annoncées. Esthétiquement, le « Tournus Fashion Village » serait implanté sur un parc de 10 ha, avec un soin particulier donné au paysage, à la végétalisation du site (six cents arbres plantés), en harmonie avec l’architecture bourguignonne. Le « Tournus Fashion Village », composé de quatre-vingts magasins, sur 14 500 m2 de surface commerciale, serait organisé autour d’une avenue centrale, exclusivement piétonnière et en plein air. Le dossier devrait être déposé en préfecture prochainement. L’enquête publique commencerait en mai, avant de passer par la Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) en septembre 2006, pour une ouverture prévue au printemps 2009. Isabel Beaumont, correspondante locale à Mâcon
Du côté du promoteur Bergerac parie gros et s’engage pour la formation, l’emploi... Avant même la délivrance de l’avis de la CDEC, Bergerac Estates (1), qui s’est montée en société d’investissement française, multiplie les études d’impacts préalables : environnemental, sonore, commercial etc. Des études importantes qui seront justement constitutives du dossier de CDEC. Pour ce faire, l’entreprise investit déjà 1,5 ME. Elle s’engage aussi sur le financement d’un rond-point d’accès en sortie d’autoroute pour rejoindre le village de marques. La Communauté de communes du bassin a aussi demandé à la société de marquer son implication dans les actions et projets du territoire, notamment dans l’économique, la formation, l’emploi. Pour valoriser la formation des jeunes les promoteurs, se sont engagés à verser localement la taxe d’apprentissage à laquelle ils seront soumis. Cette action permettra de soutenir les filières de formations dans des domaines où Bergerac pourrait trouver un vivier de futurs salariés : BTS vente, hôtellerie, métiers de la mode, secteur tertiaire etc. Dans le même temps, alors que Bellegarde a perdu son ANPE, la Communauté de communes, s’est engagée à mettre en place une maison de l’emploi et de l’économie où tous les services à l’emploi pourraient être réunis. Bergerac s’y associe en apportant un financement de 15000 euros par an pendant trois ans pour le fonctionnement de la structure. Il devrait aussi soutenir les associations en leur reversant un euro par m2. Dans l’optique de cette nouvelle génération de village alliant commerce, loisirs et tourisme, Bergerac compte beaucoup sur son intégration dans le territoire. En vendant son image au cœur d’un territoire touristique, elle souhaite promouvoir les atouts de l’Ain et en saisir les retombées. C’est pourquoi, à l’image de ce qui se fait dans La Gruyère en Suisse, elle souhaite promouvoir sur le site les produits régionaux, les pôles touristiques environnants et ils sont nombreux, du Haut-Bugey au Pays de Gex, de la Bresse à la Dombes, en passant par les Alpes. Corinne GARAY (1) Bergerac estates limited est constitué de RJ Mc Kinney limited et de Rioja Développements limited qui par Joint venture se sont concentrées sur des opportunités de vente au détail hors des villes au Royaume-Uni, en Irlande et en Europe. Bergerac Estates limited a implanté des enseignes dans les villages de marques de Lisbonne, Budapest, en Irlande. Depuis 20 ans, elle a l’expérience du stockage de produits pour le détail, puisqu’elle a construit plus de 450 000 m2 d’espace de stockage au Royaume-Uni. Ce qu’ils en pensent•« Aucun interet » Pierre Cormorèche, président de la chambre des métiers : « En ce qui me concerne, tous les clignotants sont rouges. Ces villages de marque ne présentent aucun interêt. Est-ce que cette concentration de commerces de grande distribution est une solution, si elle crée autant d’emplois qu’elle n’en détruit ? Sa mise en place ne ferait qu’affaiblir un peu plus le commerce de proximité, ruinant les efforts de modernisation qui ont été effectués depuis 1992. » w « A t-on assez de recul ? » Jean-Marc Bailly, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie : « A t-on vraiment assez de recul vis-à-vis de ces villages de marques pour se prononcer sur les bénéfices qu’ils pourraient apporter ? Il y a, certes, des éléments forts, mais il y aura aussi forcément une incidence sur les commerces de proximité. Pour ne donner que quelques chiffres, ces villages créeraient 600 emplois par rapport aux 2000 déjà existants. » • Henri Lévêque, maire de Tournus « C’est un projet entièrement bénéfique pour la ville, qui créera progressivement quatre cent cinquante emplois et une émulation avec les autres commerces locaux, notamment les établissements gastronomiques (...) Je pense qu’il est tout a fait concevable de construire deux villages de marques dans la région. Nous de visons pas la même clientèle que Bellegarde ». Jean-Paul Chevalier, maire de Saint-Trivier-de-Courtes « A priori, ça me fait un peu peur. Ça pourrait avoir une incidence sur le commerce local. Mais si on veut être honnête et ne pas avoir de réaction primaire, il faudrait étudier ce projet dans le détail. Pour le moment, je n’ai pas d’avis tranché. »
Romans (26) - Retour sur l’histoire d’une implantation contestée puis approuvée Marques Avenue ouvre 18 boutiques de plus« Je suis de Lyon et je descends voir des amis dans le Sud ; en passant, je vais m’arrêter à Marques Avenue à Romans ». Il n’est pas rare d’entendre cette phrase dans la bouche des amateurs de lèche-vitrine et autres chineurs de magasins de fringues. Car la Cité de Jacquemart, mondialement connue pour sa créativité en matière de chaussure, est en passe de devenir l’une des références régionales quant aux vêtements. Désormais, on vient de Bourg-en-Bresse, de Chambéry, de Grenoble, d’Avignon pour trouver à Romans les habits qui nous branchent. Toutefois l’installation du centre commercial de magasins d’usine n’a pas fait l’unanimité dès l’origine. Certains y ont vu d’emblée une concurrence sauvage pour le commerce local et le spectre de la désertification des boutiques du centre-ville semblait conforter les arguments les plus contestataires. Une conséquence psychologique positive Aujourd’hui, Marques Avenue paraît satisfaire le plus grand nombre. « Dans une ville frappée par la crise de la mono industrie de la chaussure, beaucoup cultivent la sinistrose sur le thème du déclin économique, mais le fait qu’un promoteur réalise ici un investissement de cette importance a eu un effet d’entraînement assez remarquable », affirme le maire de Romans, Henri Bertholet. « L’installation de Marques Avenue a eu une conséquence psychologique positive ». Pas évident au départ... En 1993, quand le chausseur Stéphane Kélian évoque avec Henri Bertholet le concept Marques Avenue, tel qu’il se présente de la ville de Troyes à l’époque, le premier magistrat est aussitôt séduit par l’idée, mettant en avant la situation géographique idéale de sa ville : bien placée dans le triangle Lyon - Grenoble - Saint-Etienne, proche de la Suisse et du couloir rhôdanien, bien desservie par l’autoroute et le futur TGV. Et puis, Romans, c’est traditionnellement une ville commerciale, émaillée de nombreuses boutiques et d’une foire automnale de renommée nationale. « Je me suis dit qu’on n’avait pas le droit de rater une telle occasion », se souvient Henri Bertholet. « J’ai rencontré Alain Salzman, président du groupe Concepts et distributions et promoteur d’un nouvel urbanisme commercial. On s’est mis d’accord pour le projet, à condition que le centre commercial s’installe dans l’ancienne caserne de gendarmerie, au centre-ville, que les magasins de chaussures se dispatchent en dehors du village de marques et que ce village soit un beau projet architectural bien intégré au quartier ». 62 boutiques dorénavant S’engage alors une longue bataille. L’union commerciale s’oppose au projet. Mais au fil des mois, elle se rallie aux convaincus de la première heure. « Il a fallu se battre pendant des années, y compris contre la Chambre de commerce et d’industrie de la Drôme qui au début n’était pas favorable au projet », se plaît à rappeler Henri Bertholet. « Peu à peu, l’opinion romanaise nous a suivi dans le combat et c’est l’ensemble de la population qui nous a soutenu ensuite. » C’est, finalement, le 23 juillet 1999, que Marques Avenue ouvre ses portes. 44 boutiques sont ainsi concentrées au n°60 de l’avenue Gambetta. Le 29 mars prochain, suite à l’extension annoncée, 18 boutiques supplémentaires porteront le total à 62 magasins de marques. Aujourd’hui Romans est devenue la ville du premier village de magasins d’usine situé au sud de la Loire. Cyril Lehembre
Marques Avenue en chiffres • 62 boutiques après l’extension des 18 magasins au 29 mars prochain. • Surface globale après extension : 11 480 m2. • Un rendement de 3731 euros au m2 (le deuxième derrière Marques Avenue de l’île Saint-Denis en banlieue parisienne). • 83 % des visiteurs opèrent des achats. • 69 % d’acheteurs féminins. • Une progression de + 9 % des acheteurs masculins. • Une moyenne de 72 km aller parcouru par le consommateur pour venir au centre. • 93 % des acheteurs affirment vouloir revenir.
•L’avis du maire de Romans, Henri Bertholet « Une implantation bénéfique » Ce sont près de 120 emplois qui ont été créés, suite à l’installation de Marques Avenue, il y a presque sept ans. A cela s’ajouteront 84 postes supplémentaires répartis sur les 18 boutiques qui seront ouvertes mercredi 29 mars prochain. « Il faut aussi noter qu’il y a presque autant d’emplois induits par les développements dans la restauration et divers commerces, consécutifs à la venue des visiteurs attirés par notre agglomération notamment par la présence de Marques Avenue », annonce Henri Bertholet. « Ce projet draine non seulement un million de visiteurs supplémentaires par an dans notre ville, mais il a permis de fixer à Romans une grande partie de la clientèle habitant le bassin de vie. Cette implantation est donc plus que bénéfique pour la ville ». Un bénéfice confirmé d’ailleurs par les chiffres de l’économie locale. En 1993, 813 emplois dans le commerce étaient comptabilisés à Romans (chiffres URSSAF). En 2005, 1300 emplois sont ouverts dans ce secteur et notamment dans les magasins de petite et moyenne taille (le développement des grandes surfaces est également intégré dans ces chiffres). La progression romanaise s’élève à plus 12 %, sur six ans, soit une hausse plus forte que la moyenne nationale des communes de la même strate. Seul bémol : la fermeture de plusieurs boutiques de la Côte Jacquemart ces dix dernières années. Néanmoins le phénomène est plutôt du à l’exiguïté des magasins et à la difficile accessibilité des commerces en centre-ville. Un problème qui n’est pas propre à Romans...
Bellignat - A côté de ses sites de fabrications EDA : le royaume des articles en plastiqueDes arrosoirs à trois euros, des coffres de jardins à 35 euros, les pots de fleurs de toutes dimensions, des passoires, des saladiers, des boîtes alimentaires ou de rangements, des poubelles, des glacières ou des luges... la boutique d’usine du groupe Georges David-EDA à Bellignat est une caverne d’Ali-baba version plastiques. Cette entreprise de renom de la Plastics vallée, deux fois trentenaire, a en effet ouvert sur son site de stockage de Bellignat en décembre 2004, un magasin d’usine. Pour Hervé David, le Pdg, l’idée était surtout de faire « profiter au gens de la vallée des produits de ses gammes ». Dans cette boutique de 300 à 400 références, on retrouve les produits du groupe diffusés sous la marque EDA, AMI et RD Plastiques. EDA produit des produits ménagers, de loisirs, de sports : saladiers, boîtes plastiques, glacières, luges, raquettes de neige... AMI produit des contenants floraux rotomoulés : jardinières, pots à réserves d’eau. RD plastiques fabrique des produits injectés de petite dimension de gamme horticole pour les fleuristes, jardineries et la grande distribution. Connu essentiellement par bouche à oreille, ce magasin est surtout fréquenté par des Oyonnaxiens, de l’ordre de 100 à 200 clients par semaine. Ce magasin d’usine propose des produits de fin de collections, ou dans des coloris anciens... mais jamais issus de la gamme sortant des usines du groupe. Pour le EDA, c’est une manière d’écouler des surstocks et d’offrir un prix attractif à une clientèle de proximité. L’offre du magasin est continuellement en évolution, les réassortiments sont réguliers, et de nouveaux produits arrivent régulièrement. Corinne Garay Le magasin est ouvert le lundi et mardi de 10 à 12 h et de 14 à 17 h, le mercredi de 13 à 17 h et le jeudi et vendredi de 14 à 17 h.
Côté magasins d’usines Des marques entre 20 et 50 % moins cher De nombreuses marques de renom ont leur siège social installé dans l’Ain. Les vêtements Cotélac, la maroquinerie : Le Tanneur, le mobilier de jardins Fermob,... Autant de marques qui proposent chacune une boutique avec pignon sur rue où l’on peut trouver des articles de 20 % à 50 % moins chers que dans le circuit de vente traditionnel. Si pour certains les remises concernent d’anciennes collections, d’autres « cassent » les prix également sur les produits de la saison. • Le Tanneur À Bourg-en-Bresse Le Tanneur possède deux boutiques ouvertes en continu, 5 avenue de Lyon, 01000 Bourg-en-Bresse Tél. 04 74 21 10 29 et 694 avenue Charles De Gaulle à Belley 04 79 81 60 60 • Fermob à Thoissey Installé à Thoissey, Fermob créé du mobilier de jardin et réédite des modèles traditionnels dans des coloris très gais et des matériaux modernes. Fermob propose dans son magasin d’usine un très large choix de mobilier de jardin à des prix attractifs : fins de collections, mobilier déclassé... parc actival Challes, à Thoissey pratique des ventes à dates fixes. Les prochaines dates d’ouverture du magasin d’usine Fermob printemps/été 2006 : Les mercredis de 14 à 16 heures les 29/03, 12/04, 26/04, 16/05, 24/05, 7/06, 21/06, 5/07, 19/07. Les samedis de 9 h à 11 h 30 : 1/04, 15/04, 29/04, 13/05, 27/05, 10/06, 24/06, 8/07, 22/07. Vous accédez au magasin d’usine Fermob par l’autoroute A6, sortie Belleville, en venant du Sud ou sortie Mâcon Sud en venant du Nord. Tél. : 04 74 69 71 98 • Cotélac à Nantua Cotélac prêt à porter féminin : 4 rue du docteur Mercier, magasin situé près du lac à Nantua. Tél. : 04 74 75 04 04 • Grosfillex à Arbent Ce géant du mobilier de jardin à possède un magasin d’usine à Arbent mais ne souhaite pas communiquer sur sa boutique, pour ne pas concurrencer ses distributeurs.
Projet - C’était en 1998... Le mirage de 70 magasins d’usine à Pont d’Ain En octobre 1998, certains les voyaient déjà implantés le long de l’autoroute A 42. Soixante-dix magasins d’usines étaient projetés en zone d’activités de Pont d’Ain... le projet a fait beaucoup « causer » dans le Landerneau à l’époque. Quelques mois plus tôt, le Conseil municipal alors sous la présidence de Jacques Boyon avait émis un avis favorable au projet. Un compromis de vente a même été signé. Alors prudent, Jacques Boyon avait bien pressenti l’affaire : « Les choses sont lancées, mais je ne suis pas certain que la promesse de vente sera suivie d’effet », nous confiait-il alors. Au carrefour des autoroutes A 40, A 42, Pont d’Ain avait tous les atouts de son côté pour séduire un éventuel promoteur de zone commerciale. À la recherche de partenaires, Edgar Tudharian, promoteur lyonnais voulait investir sur 10 hectares et associer des entreprises de marques et des entreprises du cru. Il recherchait alors en exclusivité des fabricants dans l’Ain et la région ; S’il positionnait son projet vers les marques de luxe, il souhaitait alors ne pas se cantonner au seul équipement de la personne : vêtements, chaussures et accessoires. Il espérait gagner la confiance d’industriels du jouet de l’Ain et d’Oyonnax tout particulièrement ou encore du mobilier de jardin. Face à un tel projet, la Chambre de commerce et d’industrie ne décolérait pas. À l’époque Louis Mainaud, alors président de la Chambre nous confiait « On n’a pas le droit d’avoir une idée aussi stupide alors que nous sommes un département privilégié. (...) Ces marques qui seront à Pont d’Ain vont vider nos centre-villes. » À l’époque, Louis Mainaud, avait écrit au maire de Pont-d’Ain pour lui réaffirmer son refus de créer tout nouvel équipement commercial majeur risquant de dévitaliser les zones de chalandise proches. Jean-Philippe Bretin, le président de la commission commerce était aussi formel : « Pour nous ce projet est caduque. » Finalement, le projet ne sera jamais allé en CDEC.... Il n’aura jamais vu le jour. Preuve que l’endroit était potentiellement intéressant, Bergerac le promoteur du village de marques de Châtillon-en-Michaille lors de sa recherche d’un terrain entre Lyon et Genève, s’était aussi intéressé à la Plaine de l’Ain."
Source : JOURNAL VOIX DE L’AIN, http://www.voixdelain.fr, 24 mars 2006