"Les soldes passent de mode"

" CE SOIR, c’est fini. Les soldes se terminent dans près de 70 départements. En juin, les commerçants avaient donné le coup d’envoi en fanfare avec, d’emblée, des réductions de 40 % à 50 %. La ruée des premiers jours n’aura pas suffi. Les soldes de l’été 2006 manquent d’éclat. « Dans l’ensemble, nous avons eu une bonne première semaine , détaille Frédéric Willems, responsable des affaires économiques de la Fédération national de l’habillement (FNH). Le soufflé est retombé après cinq à dix jours . » Le bilan est donc « très moyen, en dessous des résultats de 2005 ». L’enquête sur les soldes de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, dans la très commerçante rue de Rennes, le confirme : c’est « honorable » . Sans plus. Les résultats sont inférieurs à ceux de l’an dernier pour 45 % des commerçants. Certains, bien sûr, s’en tirent mieux que d’autres. C’est le cas des grands magasins. « Pour nous, le bilan est meilleur que l’an dernier, assure Didier Lalance, directeur du Printemps Haussmann à Paris. Pendant les soldes, les consommateurs recherchent d’abord des produits de marques. Ils les trouvent chez nous, avec le confort d’achat et surtout l’efficacité qu’ils ne retrouvent pas ailleurs. » Multiplication des promotions toute l’année Selon un bilan provisoire de l’Union du grand commerce de centre ville (Galeries Lafayette, Bon Marché...), toutes enseignes confondues, les ventes ont augmenté « entre 5 et 10 % ». Les chaînes de magasins (Benetton, Zara, C & A...) affichent une « une progression du chiffre d’affaires d’environ 3 % », selon Lucien Odier, président du Conseil national des succursalistes de l’habillement. Malgré tout, la grand-messe des soldes s’essouffle. Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) constate une baisse de la pratique des soldes depuis 1994. En dix ans, la part des consommateurs déclarant attendre les soldes pour faire leurs achats est passée de 72 % à 62 %. « Cette moindre affluence s’explique en partie par le vieillissement de la population », analyse Pascale Hébel, responsable du département consommation du Crédoc. L’âge venant, on évite la cohue. Les soldes souffrent aussi de n’être plus les seules bonnes affaires de l’année. En 2003, le ralentissement économique a encouragé la multiplication des périodes de promotion. Depuis, elles sont restées. À cela s’ajoute le succès des magasins discount, des magasins d’usines et des ventes privées en boutique ou sur Internet. « Les soldes ont perdu leur caractère de fête », analyse le consultant Georges Chetochine. Ils sont devenus une habitude qui doit trouver sa place entre l’essence qui flambe, le loyer qui augmente, l’Internet qui s’installe et le porte-monnaie du consommateur qui ne suit pas toujours autant qu’espéré."

Source : Le Figaro, 05 août 2006

 

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