Les soldes flottants dopent la consommation

Quai des Marques, à Franconville, lance ses premiers soldes flottants. Ces deux semaines de rabais permettent aux centres commerciaux de résister à la crise.

Ils n’ont lieu que deux semaines dans l’année alors les centres commerciaux ne lésinent pas sur les moyens de communication pour les faire connaître. Depuis le début de l’année, les fameux soldes flottants permettent aux commerçants de proposer d’importants rabais. Ainsi, les commerçants de Quai des Marques, à Franconville, ont lancé, pour la première fois de leur histoire, leurs soldes flottants cette semaine et la semaine prochaine. Mais ceux-ci divisent : s’ils sont appréciés par les grandes enseignes, ils le sont un peu moins par les indépendants.

« Le client passe son temps à négocier »

« Franchement, ces soldes, on n’en a pas vraiment besoin, ceux d’hiver et d’été suffisent largement, analyse la gérante d’une boutique de lingerie de Quai des Marques. Et si on veut déstocker, on lance des promotions sur un type de produits. Avec les soldes flottants, on donne l’habitude au consommateur qu’il y a des rabais tout le temps. Résultat : il vient beaucoup moins souvent dans les périodes normales. » Dans le centre commercial, tous les commerçants n’ont pas suivi le mouvement. Certains n’ont rien fait du tout, d’autres se sont contentés d’opérations promotionnelles ciblées. Enfin, certains s’y sont mis, mais sans grand enthousiasme. « Près de 60 % des magasins pratiquent les soldes flottants en ce moment, j’ai dû suivre le mouvement, reconnaît ce vendeur de prêt-à-porter. Le problème, c’est qu’on donne l’impression au client qu’il ne paie jamais le même prix. Alors, maintenant, il passe son temps à négocier. Même des ceintures à 5 €. » Reste que pour la direction du centre, c’est un succès. « Notre fréquentation a augmenté de 5 % en début de semaine, se félicite Silvia Lemasson, directrice de Quai des Marques. Le mot solde a toujours un impact très fort sur les clients. » Même son de cloche chez Côté Seine, à Argenteuil, qui réunit 70 boutiques. « Nous avions eu une augmentation de 10 % du flux de clients lorsque nous les avions organisés en mars dernier, souligne un responsable du centre. Cela a eu un effet positif sur le chiffre d’affaires. Tout le monde profite des soldes flottants. Les grandes enseignes servent généralement de locomotive aux indépendants des galeries marchandes. » Côté clients, ce n’est que du bonheur. « On ne va pas se plaindre de payer les produits moins chers, lâche cette mère de famille. Mais c’est vrai qu’avec toutes ces promos, on devient plus exigeant, car on cherche sans arrêt la bonne affaire. »

Sébastien Thomas

Source : www.leparisien.fr, 30.10.2009

 

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