Les soldes à Roubaix

Les soldes, c’est reparti. Pour cinq semaines de bonnes affaires. Mais avec l’apparition des soldes flottants, et la multiplication des offres promotionnelles et ventes privées, la notion même de « soldes » se brouille.

« Vous avez déjà commencé les soldes ? », interroge une passante. Devant elle : un panneau qui annonce « - 50 % sur le deuxième article acheté ». Une fraude ? Non. Car il ne s’agit pas de « soldes », mais d’une « offre promotionnelle ». Nuance. En fait, tout est question de date d’achat. (...). N’empêche, les bonnes affaires n’attendent plus fin juin, ni janvier. Car désormais les boutiques peuvent instaurer des soldes flottants.(...)

Côté réserves pour les soldes d’été, pas d’inquiétudes : « En mars, on a soldé les produits d’entrée de saison. En juin et juillet, on vendra ceux qui nous sont arrivés depuis. » Chez McArthur Glen, le nouveau système fait aussi des heureux. « La sixième semaine de soldes ne servait à rien puisque tout, ou presque, était déjà écoulé », confie Dorothée Vareux, coordinatrice marketing, surprise par l’effet positif des soldes flottants de mi-avril : « malgré la crise, on commence mieux l’année que 2008. »(...)

Soldes flottants : des clients noyés

À la sortie de l’Usine de Roubaix, Myriam a le sourire et les bras chargés de sacs. « Pendant les soldes, soit on trouve le modèle mais pas la taille, soit la taille et pas le modèle..., constate cette habituée. J’ai reçu un SMS disant que j’avais droit à 35 % de réduction toute la semaine avant les soldes. Je ne me suis pas privée ! » « Les clients aiment se sentir VIP », analyse Dorothée Vareux. À McArthur aussi, il y a eu une vente privée la semaine passée. Les clients réguliers ont été prévenus par e-mail. Une manière de les « fidéliser ».

Trop de promos ?

Gérard, un Wattrelosien de 67 ans, est aussi un habitué de l’Usine. « Je ne repasse jamais mes affaires et j’aime suivre la mode. Alors, tous les 3 mois je viens ici renouveler ma garde-robe. » Autant dire que les boutiques bichonnent Gérard qui, aujourd’hui encore, a obtenu une réduction de 35 % sans rien avoir à demander.

Soldes d’été : un classique

Malgré ces évolutions, les soldes officiels restent LE rendez-vous. « Les soldes d’été, c’est toujours 16 à 17 % de notre chiffre d’affaires. Et là-dessus, 65 % sont réalisés dans les dix premiers jours », confie Dorothée Vareux. Les files d’attente devant les boutiques n’appartiennent donc pas aux poubelles de l’histoire.

Patrick, charmant jeune homme, en est un inconditionnel. Il a pris un congé pour pouvoir être ce matin devant la porte de la boutique Agnès B. Il s’explique. « Je ne manquerai ça pour rien au monde. Je ne fais pas de repérage car cela enlève tout le suspense. Le premier jour des soldes, ça doit rester quelque chose de sacré. »

NICOLAS CAMIER ET SOPHIE GUESNE region@nordeclair.fr

Source : Nord Eclair, 24.06.2009

 

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