Le Village de marques et Lejaby ont un destin cousu. Un ensemble un peu dépareillé à première vue mais les élus du pays bellegardien, qui sont aux pédales de cette machine, sont bien décidés à faire en sorte que le fil ne se casse pas.
Le raisonnement est louable, les 400 emplois que générerait la création du Village des Alpes sont « la solution de reclassement » pour les quelque 140 salariés, aujourd’hui sur le carreau. Les 46 mains de fées de Lejaby, mais aussi celles qui ont vu leurs emplois détruits avec la catastrophe industrielle d’Eider, l’an dernier.
Pour ces élus, s’opposer aujourd’hui au Village de marques, c’est refuser d’aider cet ancien fief industriel à sortir la tête de l’eau. Bellegarde, cette ville, « victime de la mondialisation ».
Lejaby aurait dû intégrer le Village des Alpes
Surtout que le bâti entre la marque de lingerie et le village date de 2007.
Comme le rappelle le maire de Bellegarde, Régis Petit, « Pour préserver Lejaby à Bellegarde, nous avions imposé au promoteur d’inclure un outil de production dans la première version du Village des Alpes. Lejaby devait être locataire de 800 m², un outil de production adapté, un espace vente. Nous avions, même, déjà imaginé des circuits de visite dans l’entreprise. »
Aux élus du bassin bellegardien de se prendre à rêver « si le dossier Village de marques avait abouti, que Lejaby était locataire de locaux neufs, avec une belle vitrine... » L’issue serait-elle différente ?
« En tout cas, pour nous élus, il n’y a plus rien à défendre ici, les ateliers c’est Zola », justifie Régis Petit, qui accompagne les salariées en détresse dans leurs démarches. Mais il estime que l’heure n’est plus à jouer des coudes pour sauver les emplois. « Dans notre position d’élus, aller taper sur des bidons à Bourg-en-Bresse pour sauver les postes de Lejaby, c’est avoir deux coups de retard. Il faut aujourd’hui qu’on nous laisse travailler à des solutions qui nous laissent avancer dans l’espoir ».
Pour lui et Patrick Perréard, vice-président à l’économie de la Communauté de communes du Pays bellegardien, « ce Village de marques, c’est une vraie alternative, une perspective d’emplois. » Leur nouveau cheval de bataille.
L’aiguille qui pique aux vifs les détracteurs, aujourd’hui eux-aussi touchés par un drame social. « Ceux qui autrefois ont pu se tromper, ose Régis Petit. Ceux-là, pourront être tentés de soutenir le dossier. »
REPÈRES manifestation des salariées lejaby Une délégation de salariées de l’atelier de Bellegarde ira manifester le 20 avril à Bourg-en-bresse aux côtés de leurs collègues. Sur les 197 postes supprimés dans le projet de restructuration, 46 sont à Bellegarde, 88 à Bourg-en-Bresse, 63 au Teil.
Avis de recherche pour la cci ? Le bras de fer engagé entre les élus bellegardiens et les chambres consulaires se poursuit, avec le Village des Alpes comme projet de discorde. Le président de la CCI avait encore dernièrement déclaré que dans ce contexte de crise "le Village de marques aurait été une friche industrielle". Aujourd’hui, alors que Bellegarde en comptera justement une de plus, avec Lejaby, les élus de la communauté de communes déplorent l’absence de soutien de la CCI, « même pas un coup de fil. »
Source : www.ledauphine.com, 14.04.2010