Lejaby : Le "Village de marques" comme sauveur d’emplois, une idée qui divise

La catastrophe industrielle de Lejaby a fait des explosions. Mais c’est à se demander si ce sont les 197 salariés sur la sellette qui tonnent le plus fort.

Depuis l’annonce de la marque de supprimer trois sites, dont Bellegarde et Bourg-en-Bresse, plus fort que le déferlement médiatique, c’est un big-bang politique qui s’abat dans l’Ain.

Un marathon qui pourrait être de longue haleine. C’était d’abord une course effrénée à celui qui interpellera les hautes instances le premier. Le sénateur Rachel Mazuir s’est annoncé, suivi de son homologue Jacques Berthou, avec en ligne de mire Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi. Puis c’est au tour de Jean-François Debat, le maire de Bourg-en-Bresse, d’obtenir une entrevue avec le secrétaire d’État chargé de l’Emploi Laurent Wauquiez, invitant courtoisement d’autres élus, comme le député Étienne Blanc, à se joindre à lui. Car comme il le dit : « Dans de telles situations de crise, il faut passer outre les clivages politiques ».

« C’est une réponse politicienne ! »

Une attention remerciée par Étienne Blanc, qui lui précise tout de même qu’il était déjà entré en piste. Il avait « pour sa part pris l’initiative de contacter directement le ministre », lui glisse-t-il dans les premières lignes de son courrier.

Mais la cadence s’est accélérée depuis que le député-maire de Divonne a demandé à Rachel Mazuir, en sa qualité de président du Conseil général, et à Jean-François Debat, de faire délibérer le conseil général et le conseil municipal de Bourg-en-Bresse, afin d’apporter leur soutien à la création du "Village de marques" de Bellegarde. Ce dossier tant discuté devient aujourd’hui « une réponse simple et rapide apportée à toutes les familles touchées par ce drame économique », comme le rappelle le cabinet du député.

Politiquement ingénieux. Mais rendons à César ce qui lui appartient : l’idée du village de marques comme sauveur d’emplois avait germé quelques semaines plus tôt dans la tête des élus de la communauté de communes du Pays bellegardien.

Ils justifiaient alors que le rôle des élus est d’avoir « plusieurs coups d’avance ». L’heure n’était donc plus à batailler pour sauver les emplois, mais à « anticiper la requalification de ces salariées ».

Et c’est à Jean-François Debat, connu pour sa position défavorable au projet, de tonner fort, en réponse au courrier d’Étienne Blanc : « C’est une réponse politicienne ! »

Pour ce maire, il est plus que jamais l’heure de s’unir entre élus pour sauver les emplois et amener l’entreprise à changer ses perspectives.

Et de crever l’abcès : « Bourg-en-Bresse ne portera pas le chapeau ! Elle n’était pas dans la commission qui a rejeté le projet "Villages des Alpes" en février. Nous n’avons pas été sollicités à ce moment-là, je ne vois donc pas pourquoi nous engagerions aujourd’hui la collectivité ».

Pendant ce temps-là, les filles de Lejaby criaient "non aux licenciements", en scandant des "alertes au baratin", dans les rues. Fortes de l’intérêt que leur portent leurs élus.

REPÈRES Défilé des élus chez le ministre Le maire de Bourg-en-Bresse, Jean-François Debat devrait être reçu le 5 mai par le secrétaire d’Etat à l’emploi, Laurent Wauquiez pour discuter de la problématique Lejaby. Quant au député Etienne Blanc, il devrait être reçu par le ministre à l’occasion des questions au gouvernement d’ici la fin du mois d’avril. Les sénateurs de l’Ain, Rachel Mazuir et Jacques Berthou, ont chacun déposé une question écrite au Sénat pour interpeller la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi sur les suppressions de poste et la délocalisation. Ils sont en attente d’une réponse.

Source : www.ledauphine.com, 24.04.2010

 

siec 12

(*) Champs obligatoires