Commerce . Les autorisations d’ouverture des magasins le dimanche se multiplient.
Alors que le gouvernement réfléchit à un assouplissement d’une législation vieille de plus de cent ans, l’interdiction de l’ouverture des magasins le dimanche a encore été mise à mal la semaine dernière. Outre le fait que de nombreuses enseignes ou boutiques la bravent sans jamais être inquiétées, les préfectures continuent de délivrer des dérogations.
Ainsi, mercredi, la plus grande zone commerciale de France, Plan-de-Campagne à Marseille, a obtenu une nouvelle autorisation pour six mois. Un passe-droit dont elle bénéficie depuis quarante ans. Le lendemain, dans les Yvelines, c’est Usines Center de Vélizy-Villacoublay qui recevait l’absolution officielle. Une autorisation qui ne change rien, de fait, à une pratique en vigueur depuis l’ouverture de la zone, et cela en dépit d’un ordre de fermeture prononcé par la cour d’appel de Versailles l’an dernier.
La CFTC a dénoncé un « coup de force » de la préfecture, qui légalise « la délinquance économique ». La Fédération nationale de l’habillement, qui défend les petits commerçants, a dénoncé un « déplacement des parts de marché au profit du commerce qui triche ». Elle s’apprête à se tourner vers le tribunal administratif pour obtenir l’annulation de la dérogation obtenue par Usines Center. Même démarche à Marseille, où les syndicats CGT et CFDT vilipendant un « abus de pouvoir » et une « prise en otages des exploitants et des salariés », ont annoncé vendredi qu’ils allaient attaquer en justice les arrêtés préfectoraux. Quant au rapport commandé par le gouvernement au Conseil économique et social, il devrait lui être remis à la fin du mois de février.
Source : www.humanite-presse.fr, Lé. B., 30 janvier 2007