Le rejet du recours en annulation déposé par Honfleur signe l’implantation future de « L’Usine des Docks ». Les commerçants du centre-ville grincent des dents.
Améliorer l’accès en centre-ville et cofinancer les parkings « Les commerçants sont inquiets. » Jean-Luc Moyne, lorsqu’il s’exprime en tant que président des commerçants du quartier Saint-Vincent, traduit un état d’esprit qui anime l’ensemble des vendeurs havrais : la métamorphose des Docks Café en magasins d’usine de prêt-à-porter pré- occupe. Il y a deux semaines, la Commission nationale d’aménagement commercial (Cnac) a rejeté le recours en annulation déposé par Honfleur pour contrer le projet. L’Usine des Docks, sous la houlette d’Unibail-Rodamco, verra donc le jour d’ici trois ans. « Nous devons désormais nous positionner sur des offres claires et attractives, des enseignes nouvelles et de très haute qualité », estime Jean-Luc Moyne. Une vision optimiste de l’avenir du quartier ? Pas vraiment, mais pour lui, l’arrivée de ces magasins d’usine doit impérativement entraîner un remodelage du paysage commercial. « Ça ne va pas être simple, loin de là, mais c’est le seul moyen de s’en sortir ! » Du côté du quartier Notre-Dame, la pilule a encore plus de mal à passer. « Les commerçants de prêt-à-porter sont gênés, car les magasins d’usine officieront dans le déstockage », explique Claudie Alexandre-Lemesle, vice-présidente de l’union commerciale. « On nous avait déjà fait avaler les Docks Vauban, et maintenant qu’ils sont là, on nous saborde avec un plan de circulation sans queue ni tête. »
Résignation et agacement A l’annonce de l’accord donné à L’Usine des Docks, Daniel Echaubard, président de l’association de commerçants Centre Halles, a lancé un appel à ses confrères afin qu’ils lui fassent parvenir leur opinion sur le sujet. « On frise la résignation, l’agacement », synthétise-t-il. Les commentaires sont en effet éloquents. « Le Havre est situé en cul-de-sac et n’a pas un pouvoir d’attraction suffisant pour pouvoir supporter autant de commerces similaires. » « C’est surtout l’attractivité des DocksVauban qui sera renforcée avec l’arrivée des magasins d’usine. » Président d’une association qui regroupe 150 commerces, dont une trentaine dans le prêt-à- porter, Daniel Echaubard met de l’eau dans son vin. « Nous ne sommes pas contents pour l’instant, mais si les opérations comme les Consofolies se multiplient, nous pourront nous battre avec les mêmes armes. » Il espère que « la Ville et la chambre de commerce vont mettre autant d’énergie à renforcer le commerce en centre-ville qu’ils en mettent pour les Docks Vauban et les magasins d’usine à venir. » Il a d’ailleurs demandé aux deux institutions d’améliorer l’accès au centre-ville et de cofinancer les parkings afin d’établir un système de gratuité similaire à celui du nouveau centre commercial. Verdict : « Ils n’y sont a priori pas opposés, mais il faut formaliser tout ça… »
aline chartrel Redynamiser le commerce en centre-ville en ouvrant le centre commercial des Halles le dimanche ? Fabrice Guille, son représentant, n’y croit pas. « Nous avons eu des réunions avec la chambre de commerce et de l’industrie à ce sujet. Ils prônent l’ouverture d’un marché devant le centre, le dimanche matin, ce qui nous obligerait à ouvrir par la même occasion. » Aux Halles, on est contre. « On est déjà là du lundi matin au samedi soir, et les jours fériés. De notre côté, on est convaincu que ça signifierait plus de frais sans pour autant augmenter notre chiffre d’affaire. » Pour l’instant, le projet est au point mort, la Ville ayant « un peu fait marche arrière ».
Source : www.havre-presse.fr, 28.11.2009