" La "menace" d’un magasin de marques de 66 boutiques totalisant 10 000 m2 de surface commerciale neuve à trois quarts d’heure d’autoroute de Pau, en périphérie de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) n’a pas disparu. Tout au contraire, elle revient portée par le même promoteur parisien, la société Geppi, toujours à Saint-Laurent-de-Neste. Les services de la préfecture de Tarbes n’ont semble-t-il pas encore entre les mains le dossier détaillé qui sera soumis dans quelques mois à l’avis de la Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) des Hautes-Pyrénées, comme le veut la procédure. Mais le projet est désormais officiel et enregistré. Au point que le préfet vient de signer l’arrêté qui ouvre la porte à l’enquête publique préalable à toute réunion de CDEC dans un dossier d’une telle envergure. Cette enquête doit démarrer en février, pour s’achever très précisément le 17 mars. Il appartient au tribunal administratif de Pau de nommer le commissaire-enquêteur qui en sera en charge. Centre-ville palois. Pour mémoire, c’est la paloise Michèle Bordenave qui avait été désignée en 2003 pour coordonner la première enquête et émettre un avis qui s’était révélé négatif. L’éventualité de voir pousser une telle "pompe à chiffres d’affaires" chez les voisins bigourdans avait créé un émoi considérable au-delà de Pau. La zone d’attractivité d’un tel commerce s’étend en effet sur un rayon d’au moins 200 km à la ronde. Un "collectif du Sud-Ouest contre les magasins de marques et pour la valorisation des centres-villes et centres-bourgs" réunissant les fédérations de commerçants des Pyrénées-Atlantiques, Tarn, Gers, Lot-et-Garonne, Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées avait d’ailleurs vu le jour pour porter haut les protestations du petit commerce régional, face à une concurrence jugée dangereuse autant que faussée. A l’époque, la Commission nationale d’équipement commercial avait écarté "la menace" pour un temps. Mais rien n’empêchait le promoteur d’en présenter plus tard une nouvelle mouture. Ce qui est le cas. A la veille des soldes, c’est à coup sûr une mauvaise nouvelle pour le commerce béarnais en général, et le centre-ville palois, en particulier, déjà fragilisé par les travaux de la place Clemenceau."
Source : Sud Ouest, 10 janvier 2006