Les projets commerciaux de grande ampleur fleurissent dans et autour de l’agglomération bordelaise, suscitant inquiétudes et interrogations chez les commerçants du centre-ville et les élus locaux. Entre difficultés administratives et réorientations stratégiques, quatre projets majeurs sont à suivre de près.
Ils sont plus ou moins bien accueillis par les commerçants déjà en place, plus ou moins soutenus par les élus locaux et présentent un état d’avancement différent : quatre projets commerciaux de grande envergure devraient faire évoluer considérablement l’offre commerciale bordelaise dans les années à venir.
Entre avancées décisives, revers administratifs et réorientations stratégiques, où en sont-ils, que va-t-il se passer en 2007 ? Ce début d’année est l’occasion de faire le point.
Quai des Marques. C’est le projet le plus avancé, celui qui semble créer le moins de remous. Le « Quai des Marques » est la nouvelle mouture du projet commercial des Hangars des quais, qui sera lancée en mai prochain. Racheté à Eiffage par le groupe Affine un an après son ouverture en septembre 2004, le pôle commercial des hangars prend un nouveau virage : fini les grosses enseignes de bricolage et de jardinage (Bricorama et Truffaut ont quitté les lieux à l’automne), place au nouveau concept en vogue : les boutiques de destockage. « Quai des Marques » devrait en effet proposer une série de boutiques de grandes marques où seront vendus des articles des saisons précédentes, à des prix attractifs. Mais afin d’éviter un nouveau passage Cdec, dont l’issue est toujours un peu risquée, Affine a modifié légèrement son projet, restreignant la proportion de magasins consacrés à l’équipement de la personne au profit de l’équipement de la maison. En 2004, la Cdec avait en effet donné son accord pour un projet de type « maison », qui avait justement l’intérêt de moins concurrencer l’offre de centre-ville. La Cdec évitée, les travaux de réaménagement ont pu commencer début janvier. « Nous ne sommes pas concurrents du centre-ville, nous en faisons partie et nous travaillerons avec les commerçants de l’hypercentre », assure Alain Chaussard, l’un des dirigeants d’Affine.
Village de Marques. Si le Quai des marques fait peu de remous, le« Village de Marques » de Saint-André-de-Cubzac suscite toujours la colère des commerçants bordelais. Ce projet de grande ampleur est porté par la communauté de communes du Cubzaguais et confié à l’opérateur Pantheon Retail, spécialisé dans la gestion des « outlet center », ou centres de destockage. Celui-ci doit ouvrir au printemps 2008, comportera 110 boutiques sur 25 000 m2 de surface de vente le long de l’A10. La Cdec a donné son accord en octobre dernier, peu après un redécoupage administratif qui a sorti la ville de Bordeaux de la composition de la commission chargée d’examiner le dossier. Une chance pour les porteurs du projet, car la municipalité bordelaise partageait ouvertement l’hostilité de ses commerçants. Trois associations de commerçants du centre-ville ont d’ailleurs décidé de déposer un recours devant le tribunal administratif.
Comptoirs du Lac. Ce projet semblait en sommeil depuis quelque temps, guère aidé par la volonté affichée des élus locaux de temporiser le développement des zones commerciales sur l’agglomération. Finalement, Apsys devait déposer un dossier fin décembre, pour une zone commerciale de près de 50 000 m2 largement consacrée à l’équipement de la maison. Elle s’installera sur les 22 hectares acquis par le groupe auprès du Port de Bordeaux, il y deux ans entre Auchan-Lac, la rocade et le pied du pont d’Aquitaine. Alain Juppé et Alain Rousset ont plusieurs fois émis des réserves sur ce dossier, qui a quand même le mérite d’inclure une pépinière d’entreprises, une partie logement et surtout un nouveau franchissement de la rocade, au pied du pont d’Aquitaine. Comme pour les autres projets, on ne connaît pas encore les enseignes qui seront présentes, mais on parle de plusieurs grands noms dont l’arrivée à Bordeaux est attendue depuis plusieurs années : le Printemps ou Gap notamment. Ouverture envisagée en 2009.
Zénith de Floirac. La Cdec doit étudier prochainement un projet mi-commercial, mi-culturel, porté par la ville de Floirac et Palumi SA. Il s’agit de construire sur cette commune le Zénith que l’agglomération attend depuis des années, en l’occurrence une salle multifonction de 12 000 places. Mais le groupe privé espagnol n’accepte de le financer qu’à condition qu’il s’adosse sur un pôle commercial de 50 000 m2. Le projet est diversement accueilli. Lors de ses voeux à la presse, Alain Juppé a par exemple affirmé sa préférence pour un équipement qui serait entièrement financé par la collectivité, débarrassé de sa zone commerciale.
Source : www.echos-judiciaires.com n° 5324 , Sophie Lemaire, Les Echos Judiciaires Girondins16 janvier 2007