" La Gironde hésite à donner son feu vert à un village de marques"

" Panthéon Retail, spécialisé dans les villages de marques, souhaite créer un complexe de ce type à Saint-André-de-Cubzac au nord de Bordeaux, pour lequel il vient de déposer un dossier devant la Commission départementale d’équipement commercial de la Gironde. Si le feu vert est obtenu, l’ensemble pourrait accueillir 18.000 m2 de boutiques de marques de textile et d’accessoires dès 2008. Ce complexe qui pourrait être porté ultérieurement à 25.000 m2 devrait être complété par des activités d’hôtellerie et de restauration ainsi que, le cas échéant, par un ensemble muséographique et commercial consacré au vin. La société a été créée par d’anciens cadres dirigeants du groupe Mac Arthur Glen, numéro un européen des magasins d’usines. Elle gère aujourd’hui trois ensembles respectivement situés à Castel Guelfo (Italie) et Durham (Grande-Bretagne), un troisième à Dundalk (Irlande) étant en construction.

La Communauté de communes du Cubzaguais souhaite renforcer l’attractivité économique de son territoire, situé à la lointaine périphérie de l’agglomération bordelaise, pour laquelle elle joue un rôle de cité-dortoir, souffrant d’un taux de chômage nettement supérieur à la moyenne départementale. Elle a également la particularité de se retrouver au noeud de plusieurs grands axes, comme l’A10 Paris-Espagne, la RN10, l’axe Bordeaux-La Rochelle-Nantes et le futur grand contournement autoroutier de Bordeaux. Pour Christian Mabille, président socialiste de la communauté de communes, cette situation pourrait permettre au futur ensemble de capter jusqu’à 3 ou 4 millions de visiteurs par an.

Un paysage commercial chargé Le projet, qui pourrait se traduire par la création de plus de 700 emplois permanents, suscite l’opposition résolue de la mairie de Bordeaux et une réaction beaucoup moins tranchée du président de la CCI. Ses partisans soulignent que les consommateurs de l’agglomération bordelaise ne représenteraient qu’une fraction de sa clientèle et que, faute de se réaliser sur place, il risquerait de partir dans une autre région. Mais ce village de marques s’ajouterait à un paysage commercial déjà très chargé : la superficie cumulée des grandes et moyennes surfaces de la région a déjà augmenté de près de 30% entre 1999 et 2004. Le parisien Apsys va prochainement déposer un projet de plus de 50.000 m2 sur d’anciens terrains portuaires du nord de la ville et le groupe GTM souhaiterait édifier un ensemble de 50.000 m2 à Floirac aux portes sud. Devant ce déferlement, Alain Rousset, président socialiste de la communauté urbaine, a décidé de geler la partie commerciale d’une vaste opération immobilière (500 logements) qui devrait être prochainement lancée sur le quartier de Bordeaux Lac.

Source : Les Echos,28 février 2006

 

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