"La Commission d’équipement commercial a rejeté le projet : Centre de marques à Tournus : Le « rêve brisé »"

"

Le Centre de marques de Tournus vient d’être rejeté par la Commission nationale d’équipement commercial.
Une nouvelle qui a consterné les différents partisans du dossier.

Une extrême déception », tels sont les premiers mots de Jean Boutet, adjoint au maire de Tournus, et qui a porté, avec l’équipe municipale, ce second projet de Centre de marques de Tournus. Jean Boutet se déclare donc « déçu surtout pour Tournus et le département, mais nous n’étions pas assez puissants pour contrecarrer les Courtois, Allex, Juillot, Suguenot, Baroin et autres Perben. Sur les six, deux sont ministres, donc voilà. » Il a déploré que « la petite ville de Tournus, même aidée par le député Arnaud Montebourg et le sénateur René Beaumont n’ait pas été assez puissante face à ce lobby. » Jean Boutet a également fait l’amer constat que la décision prise par la commission n’ait pas été « économique mais politique ». Par rapport aux projets concurrents, notamment le Village des Alpes de Bellegarde dans l’Ain, il considère que « Bellegarde n’aura peut-être pas deux ministres en exercice contre lui. Quant au projet lyonnais, il aura certainement le soutien de M. Perben qui a des visées sur la région ». Amertume
On retrouve la même amertume du côté d’Henri Lévêque, maire de Tournus, pour qui ce rejet est « un rêve qui se brise et qui consterne l’immense majorité des habitants de Tournus et du Tournugeois ». Bien qu’acceptant, avec regret, cette décision, Henri Lévêque voit cependant derrière ce refus « l’action maléfique des grandes villes voisines qui, une fois de plus, se sont opposées à la possibilité de développement qui s’offrait à Tournus ».
Et le premier magistrat de Tournus de citer les projets, tant à Mâcon qu’à Chalon, d’implantations ou d’agrandissement de grandes surfaces, et notamment le projet d’installation à Chalon Sud « d’un Centre de marques conçurent du nôtre qui s’appelle Marque Avenue ». Ne voulant pas rester sans réagir contre ce que la municipalité de Tournus ressent comme « une injustice flagrante », Henri Lévêque affirme qu’il restera attentif « aux décisions sur le point d’être prises par les CDEC et la CNEC dans les départements qui envisagent d’installer des centres de marques », de même que la décision « au sujet de la demande d’agrandissement de la grande surface Auchan à Mâcon et de celles de Chalon. Nous observerons alors en particulier si le maire de Mâcon mettra autant d’ardeur à empêcher cette future extension qu’il a mise à empêcher celle du magasin de marques de Tournus ».
Déception également pour le député Arnaud Montebourg pour qui « tous les clignotants étaient au vert. Le dossier ne supportait plus une seule objection en raison de l’évolution vers le haut de gamme du projet et la quasi-absence d’impact négatif sur l’emploi local. Nous avions fait l’unité politique autour du projet. Enfin le soutien de la population et même de nombre de commerçants de Tournus ne s’est jamais démenti. _ Pourtant, hier, le commissaire du gouvernement, Jean-François Martin, représentant du ministre Renaud Dutreil chargé du commerce et de l’industrie, a, une nouvelle fois, utilisé tous les moyens pour s’opposer à ce projet. En clair, Jean-Patrick Courtois, maire de Mâcon proche de Nicolas Sarkozy, vient à nouveau avec l’aide de ses amis parisiens de planter un poignard dans le dos de la Saône-et-Loire ».
Le député refuse cependant de se laisser abattre, considérant que « malgré cette déconvenue, le combat continue. J’ai pris l’attache des investisseurs anglais afin qu’ils ne se découragent. Nous espérons l’alternance dans un mois pour qu’enfin le Village de Marque aboutisse. Et nous y travaillerons ». Même détermination chez le sénateur René Beaumont : « une telle décision ne peut être justifiée que par une volonté nouvelle et subite du gouvernement et spécialement de la Direction du Commerce et de l’Artisanat d’interdire désormais définitivement toute implantation de Villages de Marques sur le territoire français. Si tel n’était pas le cas et qu’il ne s’agisse que d’une opposition au Village de Marques uniquement pour le site de Tournus, je défie tout autre territoire de trouver un emplacement plus favorable que le nôtre à proximité immédiate de l’axe routier le plus fréquenté d’Europe. Je serai donc particulièrement vigilant à ce qu’aucune autre implantation n’ait lieu désormais en France. »

Le soulagement des opposants
« Je suis satisfait et soulagé », soupirait hier le maire de Chalon, Michel Allex, à l’annonce du rejet du projet. « Ce type de projet a pour l’heure toujours été refusé ce qui me fait dire que les CDEC et CNEC fonctionnent bien. Le projet n’avait pas foncièrement évolué par rapport au premier, en tout cas pas suffisamment pour inverser la décision », explique-t-il. En revanche, le maire de Chalon réfute la rumeur évoquant la possibilité d’une installation de Marques Avenue à Chalon. « C’est complètement faux. C’est simplement pour faire circuler l’idée que nous refuserions à d’autres ce que nous souhaiterions pour Chalon. Je ne suis pas contre tel ou tel, mais je refuse ce concept, pour Chalon comme ailleurs car les seuls qui y trouvent un intérêt, ce sont les promoteurs. Pour l’emploi, un tel projet déséquilibrerait tout un secteur qui perdrait plus d’emplois qu’il n’en créerait ». Jean-Patrick Courtois, le sénateur-maire de Mâcon, croit « pouvoir affirmer que la CNEC a entendu les arguments et le dossier présenté par Mâcon, les organisations consulaires, les associations professionnelles de commerçants, dix parlementaires et les maires des grandes villes de plusieurs départements. C’est un grand soulagement pour l’ensemble de notre bassin d’emploi et de notre tissu économique. L’expérience parle d’elle-même. Comme il existe déjà plusieurs centres de ce type en France, un certain nombre d’études d’impact ont été réalisées et elles concluent toutes qu’un emploi crée dans ces structures génère la perte de deux à quatre emplois dans la zone de chalandise de 200 km. »

"

Source : www.bienpublic.com, 22 mars 2007

 

siec 12

(*) Champs obligatoires