"L’hypothèse "village de marques" est relancée aux Grandes-Bruyères"

" Les élus du syndicat des Grandes-Bruyères ont réunion ce lundi soir. Une ligne est à l’ordre des questions diverses : un nouveau projet de centre de marques. Point sur les aspects commerciaux, indique l’ordre du jour du syndicat mixte des Grandes-Bruyères, ce lundi soir, à la mairie de Romorantin. La phrase est succincte. Minimale. A contre-pied du projet qu’elle couve : un nouveau centre de marques. Un an et demi après l’avortement de « Marques Avenue », un dossier est relancé. De quoi donner des sueurs froides aux commerçants du centre-ville. Certains sont déjà en alerte depuis l’été. Pressé par la « NR », Jeanny Lorgeoux est peu disert ; semble même (c’est peu courant) sur la défensive. « Nous devons avant tout en parler au sein du syndicat. » Pas question de précipiter l’annonce, de balbutier la communication et d’essuyer un échec. L’élu tient au projet. « Oui », il a bien en mains un « courrier d’Unibail, portant sur l’achat de terrains aux Grandes-Bruyères afin d’implanter un centre de marques ». « Non », il ne s’agit pas d’une reprise du précédent projet. Cette version 2 sera haut de gamme : « Des boutiques Armani, Gucci sur le modèle du village de Val-d’Europe à Marne-la-Vallée (lire ci-dessous). » Exit les magasins « sortie d’usine », le « mass-market », les marques grand public. Ce village sera axé boutiques de luxe, répète l’élu, avec des séries vendues à prix réduit plusieurs mois après leur sortie. Quelle sera la surface ? Combien d’enseignes ? Quel calendrier ? Combien d’emplois ? « C’est bien trop tôt pour le dire. Nous avons simplement mené, dans l’immédiat, la négociation sur le prix de terrains et la localisation aux Grandes-Bruyères. Ce village n’aura pas d’alimentaire, assure le maire. Il proposera des marques de mode qui ne sont pas contradictoires avec les produits déjà en vente chez les commerçants du Loir-et-Cher. » La zone de chalandise ciblée demeure vaste : « Un rayon défini par deux heures d’autoroute. Avec ce projet, nous allons créer un marché nouveau en région Centre. Internet bouscule la donne du commerce : il évolue, invente de nouvelles formes, se modernise. » Romorantin et la Sologne ne doivent pas rater l’opportunité, estime Jeanny Lorgeoux. « Nous devons reconvertir notre territoire, qui était jusqu’ici uniquement industriel. Nous devons le diversifier, le repositionner pour les vingt ans à venir. Le commerce est l’une des pistes. » Au-delà de ce Discours « stratégique », on envisage déjà une fronde des commerçants romorantinais. Jeanny Lorgeoux aussi. Il argumente : « Dans quelques semaines, je vais finaliser le rachat du site Romo-1 de Matra. » Sept hectares, au bord de la Sauldre, en coeur de ville. Le maire envisageait d’implanter sa Maison de l’emploi dans la façade historique. Elle sera finalement rue des Capucins. « Nous allons favoriser l’émergence d’un nouveau quartier : un gisement d’habitants et de pouvoir d’achat très important. Je suis tout à fait prêt à engager le dialogue avec les commerçants, pour qu’ils puissent y trouver les moyens de développer leur chiffre d’affaires. » Village de marques et rachat de Romo-1, la Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) sera consultée sur le premier projet. L’examen pourrait intervenir en février-mars. Jeanny Lorgeoux assure fermement de la pertinence et de la solidité de son nouveau dossier.

La situation centrale de Romorantin et sa desserte autoroutière sont des arguments de poids pour séduire des promoteurs de centres de marques."

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest, 09 octobre 2006, Edition LOIR ET CHER

 

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