L’Usine de Roubaix, premier centre de magasins d’usine implanté en France s’apprête à perdre son indépendance. Depuis sa création en 1984, l’Usine appartenait à son fondateur, Ghislain Dalle. Ce ne sera bientôt plus le cas : Unibail, premier groupe français d’immobilier commercial, officialisera le rachat de l’enseigne à la fin de l’été.
Hors des logiques de groupe, point de salut possible. C’est en filigrane le message envoyé par cette transaction engagée depuis le début de l’année entre l’inventeur des magasins d’usine en France, Ghislain Dalle et le numéro un national de l’immobilier commercial, Unibail. Durant vingt ans, l’Usine a connu une croissance constante de sa fréquentation, de son chiffre d’affaires, et s’est même offert une extension de 3 000 m² en 2002. Désormais, le centre représente quatre-vingt-cinq boutiques réparties sur 18 000 m² et accueille 40 000 clients en moyenne par semaine.
En bonne santé
Malgré cette bonne santé évidente, le chiffre d’affaires stagne depuis trois ans autour des 51 millions d’euros. L’Usine marque le pas, victime de la concurrence d’Internet, des hard discount de textiles et d’une conjoncture morose. Résultat : chaque investissement doit être mûrement réfléchi.
En 2006, un escalator a été installé au coeur du bâtiment principal dans le cadre d’un relookage de l’entrée pour 600 000 euros… sans effet sensible sur la fréquentation.
À l’horizon 2009, l’Usine va également acquérir une nouvelle parcelle après la démolition d’un collège mitoyen, dans le but d’y implanter 3 à 400 places de parking supplémentaires, ce qui doublera la capacité de stationnement du centre.
« Mais ce genre d’opérations fait partie de la vie du centre depuis le début, tempère le directeur, Tanguy Le Gall.
Des projets d’investissement, il y en a en permanence, et malgré les difficultés du secteur de l’habillement, l’Usine fait partie des centres qui se portent bien ».
Ghislain Dalle a cependant souhaité adosser l’Usine à Unibail, un géant de l’immobilier commercial dont le patrimoine est évalué à 11 milliards d’euros. « En terme de pérennisation du centre, c’est une bonne chose, affirme Tanguy Le Gall.
Les concentrations dans le secteur de la distribution sont en marche depuis plusieurs années.
Il vaut mieux franchir le pas dans de bonnes conditions, d’ailleurs, c’est l’acheteur qui nous a sollicités, nous n’étions pas demandeurs ».
Source : www.lavoixdunord.fr, 23 juin 2007