« On y est enfin ! » C’est le cri du coeur commun poussé par Etienne Defour, manager de l’Ardennes Outlet Center et par Claude Desama, bourgmestre de Verviers. C’est le vendredi 9 décembre, à 10 heures, que les magasins d’usine de Verviers ouvriront leurs portes. La moitié de la surface, soit 5.000 m2, est commercialisée. « C’est plus que lors de l’ouverture des outlets de Maasmechelen et de Metz-Nancy », assure Yaël Reicher, marketing manager. Douze marques seront présentes sur le site à l’ouverture, dont des locomotives comme Nike, Puma, Gerry Weber, Trespass, Butch Tailors ou Bianca. Quinze jours plus tard, lors de l’inauguration officielle, une seconde vague de labels les rejoindra : Lee, Wrangler, Jansport, Eastpak, Maverick, HIS et Hero. Une centaine de personnes seront employées sur le site et 1,2 million de visiteurs belges, allemands et hollandais sont attendus la première année. « Ce fut une longue saga », avoue Claude Desama. C’est dans les années 1997-1998 que le dossier d’un outlet dans l’ancienne gare Ouest, alors porté par la société Ram Euro Center, est déposé sur le bureau des autorités communales verviétoises. À l’époque, la création d’un magasin d’usines à Thimister-Clermont par un groupe concurrent, Mac Arthur Glenn, est envisagée, mais une unanimité régionale se dégage pour ne pas accepter une méga-implantation commerciale « au milieu de nulle part », qui aurait présenté plus d’inconvénients que d’avantages. L’outlet verviétois faillit pourtant ne jamais voir le jour. Sous la pression des commerçants, une première demande de permis socio-économique est refusée, tandis que la SNCB, propriétaire du site, renâcle à vendre un terrain dont la dépollution à ses frais exigée par la Région wallonne va lui coûter trois fois plus cher que le prix qu’elle retirera de sa vente. Le projet semble mort-né quand, au prix d’un lobbying forcené, une nouvelle demande de permis socio-économique aboutit. Le groupe des frères Luke et Brian Comher prend alors la succession de Ram Euro Center dont, à l’évidence, les reins ne sont pas suffisamment solides.
Un renouveau commercial Les choses alors s’accélèrent : construction de l’Ardennes Outlet Center en 2004, commercialisation des surfaces confiées à la société BSB, conseillers en développement commercial et stratégique, et ouverture en décembre 2005, une exigence de la ville de Verviers. « En dehors de l’aménagement d’une place à l’entrée de l’Ardennes Outlet Center, nous n’investissons pas un franc dans ce projet privé, mais nous avons tout fait pour faciliter les choses aux investisseurs », précise Claude Desama. La Ville de Verviers prendra aussi en charge une partie du coût de la navette du TEC qui, dès janvier, reliera les magasins d’usines au centre-ville. Car l’Ardennes Outlet Center doit être le premier pas d’un renouveau commercial verviétois, en même temps qu’il doit s’inscrire dans un développement touristique régional. Un message bien reçu par les managers de la nouvelle infrastructure commerciale, attentifs à développer des projets en synergie avec la vie locale. Ainsi, les élèves du Conservatoire de Verviers donneront un concert d’ouverture, tandis que l’Académie des Beaux-Arts a réalisé des statuettes qui prendront place dans les vitrines des magasins d’usine. En outre, un bureau du tourisme, qui sera géré par Aqualis, s’installera lui aussi au coeur de l’Ardennes Outlet Center. Histoire, sans doute, d’attirer les visiteurs venus de loin vers d’autres pôles d’attraction locaux.
La mobilité, l’autre défi de l’Outlet Center Nous ne connaissons que depuis peu la date d’ouverture de l’Ardennes Outlet Center et nous nous employons à organiser les choses. Nous avons dû prendre des mesures de circulation un peu précipitées. La communication a été quelque peu défaillante. Un problème reste à résoudre, celui de la rue aux Laines », admet Claude Desama, bourgmestre. Les magasins d’usine n’ont en effet pas encore ouvert leurs portes que des riverains ont déjà élevé la voix. Quatre entrepreneurs de la rue aux Laines, en bordure de l’Ardennes Outlet Center, dénoncent la mise à sens unique de leur artère. Cette nouvelle mesure s’inscrit dans un plan de mobilité dicté par la prochaine ouverture des magasins d’usine, avec l’idée de canaliser le trafic des clients par la sortie autoroutière de Lambermont et celle des autocars et des fournisseurs par la sortie d’Ensival. « Nous n’avons plus accès à nos entreprises que par le haut de la rue aux Laines et donc par le rond-point de la Victoire, proche de la gare, point noir du trafic urbain aux heures de pointe. Vous n’imaginez pas la perte de temps et donc d’argent que ce détour nous occasionne », explique Pierre Balhan, gérant d’une menuiserie. La création d’un parking pour autocars a aussi mangé les derniers emplacements de parking encore disponibles dans le quartier. Un problème récurrent auquel les quatre entrepreneurs demandent une solution depuis longtemps. « Ces quatre entreprises occupent plus d’une septantaine de personnes, mais seul l’outlet compte pour la Ville de Verviers. La mise à sens unique de la rue aux Laines a aussi été décidée sans concertation avec les entrepreneurs ou l’Union des classes moyennes », souligne Georges Piron, président verviétois de l’Union des classes moyennes. Que la mobilité soit l’un des grands défis lié à l’ouverture de cet Ardennes Outlet Center, dans lequel on attend (espère) plus de 1,2 million de visiteurs par an, ne fait donc pas l’ombre d’un doute. »
Source : www.regions.be, novembre 2005