Henderson Global Investors, gestionnaire de fonds immobiliers, se dit prêt à réinvestir en Europe dès cette année et vise, notamment les actifs de commerces. Chris Linney, le directeur de l’Investissement France, dévoile sa stratégie.
Business Immo : Que représente le commerce dans les fonds gérés par Henderson Global Investors en France ? Chris Linney : « Le commerce représente un tiers de notre du portefeuille d’actifs immobiliers en France, estimé à 590 M€ à fin 2008 et qui comprend également 30% de bureau et 37% de surfaces industrielles. Depuis 2008, nous avons suspendu nos acquisitions pour nous concentrer sur l’asset management des immeubles de commerce, de bureaux, de logistique et d’activité que nous détenons. Nous avons, en outre, cédé 60 M€ d’actifs qui étaient parvenus à maturité. Le marché de l’immobilier français est en train de subir des mutations structurelles, et nous sommes très attentifs aux nouvelles opportunités qui se font jour. »
BI : Quelle est votre perception des marchés européens ? CL : « Nous serons essentiellement actifs, via nos fonds, en France, au Royaume-Uni et éventuellement en Espagne. Outre-Manche, l’immobilier de commerce a subi un véritable retournement. Pour la première fois, les actifs accusent une baisse de valeur en capital depuis le pic enregistré en 2006. Nos prévisions tablent sur un retour du niveau des valeurs connues en 2004 pas avant la fin 2013. Nous ne nous attendons pas à ce qu’il y ait d’amélioration du marché locatif avant 2012 sur l’ensemble des marchés européens. En France, l’offre étant plus stable et moins pléthorique, nous prévoyons un retour de la croissance du marché locatif dès 2011 pour les actifs « prime » après un recul de 3% cette année et 1,5% en 2010. »
BI :Dans ce contexte, l’immobilier de commerce sera-t-il un de vos axes stratégiques en France ? CL : « Aujourd’hui, Henderson Global Investors est prêt à réinvestir en Europe, et les conditions de marché devraient le permettre dès cette année en France. Pour 2009, notre fonds Warburg dispose d’une réserve d’environ 100 M€ que nous souhaitons investir dans des bureaux au centre de Paris, et des surfaces de commerce prime, d’un montant unitaire compris entre 25 et 50 M€. Pour ces acquisitions, nous visons des taux de rendement de 6,5 %. Quant au fonds Herald, prochainement actif de nouveau sur le marché britannique, il pourrait allouer une enveloppe à la France, afin de saisir les opportunités du marché. Le marché de l’immobilier de commerce en France, très fermé ces dernières années, est en pleine évolution. Nous serons donc à même d’investir sur des centres commerciaux, retail parks, galeries marchandes, grands magasins, en nouant des partenariats si besoin. Au Royaume-Uni, nous travaillons dans le cadre de joint-venture, et par exemple, nous avons monté un fonds en partenariat avec Mc Arthur Glen, spécialiste des magasins d’usine suite au succès de notre fonds paneuropéen European Outlet Mall Fund avec ce même partenaire. »
Propos recueillis par Charlotte Mentha
Source : www.businessimmo.fr, 07.05.2009