Fabien Denis tient une boutique de vêtement. En 2004, il avait mené la fronde des commerçants contre le premier projet d’un centre de marques avec des produits sortis d’usine. Que pense-t-il de ce second projet ? Il y est tout autant opposé. « Nous allons tout faire pour empêcher l’implantation de ce centre de marques. Sinon, c’est la mort des commerçants de vêtements, maroquinerie, chaussures, de la région. Pour l’instant, nous ne sommes pas au courant du projet exact du promoteur. Quelles marques, quelles enseignes ? Le maire parle d’un village de marques haut de gamme. C’est ridicule. Encore s’il n’y avait qu’Hugo Boss ou Kenzo, mais vous pouvez être sûr que ça ne sera pas le cas. On sait très bien qu’au début, il y a quelques grandes marques. Puis, toutes les petites marques suivent. Regardez les centres de marques qui existent déjà. Je suis donc complètement sceptique. A Romorantin, je n’y crois pas. Il n’y a pas le potentiel. En attendant, nous allons nous renseigner sur ce qui nous attend. Il va y avoir un projet déposé en commission départementale d’équipement commercial. Nous allons intervenir pour qu’il soit refusé. Mais nous savons aussi que nous sommes le petit Poucet. Je précise que notre démarche n’est pas politique. Nous défendons notre outil de travail. Ce qui me fait peur, c’est que ce centre et les emplois qu’il peut apporter va servir d’argument électoral pour les prochaines élections. Et c’est tellement mieux d’annoncer la création de centaines d’emplois que des dépôts de bilan du côté des commerce.
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest Edition LOIR ET CHER, 14 décembre 2006