En plein coeur de Romans-sur-Isère, 64 boutiques dans une ancienne gendarmerie

Il y a longtemps que plus personne ne marche au pas dans l’enceinte de l’ancienne caserne de gendarmerie de Romans et les seuls uniformes qu’on y croise désormais sont ceux des quelques agents de sécurité. Depuis juillet 1999, le centre de magasins d’usines Marques Avenue a investi les lieux, désertés par la maréchaussée en 1987. Lorsque, fin 1992, Alain Salzman pense à cette petite ville du nord de la Drôme pour y implanter son quatrième centre, il ne sait pas encore que son projet se nichera là, aux portes de la vieille ville. S’installer à cet endroit sera une des conditions posées par le maire qui y voit l’occasion de redynamiser une cité confrontée au déclin de l’industrie de la chaussure et plongée dans une certaine morosité. « C’était d’autant plus intéressant, souligne Henry Bertholet, qu’à la même époque, Valence, qui ne se situe qu’à 18 km, mettait sur pied une vaste zone commerciale, placée sur la route qui mène à Romans. Le risque de « vampirisation » était réel pour nous. Notre seul moyen de contrer ce risque d’évasion de la clientèle locale vers Valence, c’était d’en faire venir une autre, de plus loin. » Avec un chiffre d’affaires en 2008 de 43 millions d’euros, une rentabilité au mètre carré qui se situe à 3 700 € et un centre qui, en 2006, s’est agrandi pour proposer aujourd’hui 64 boutiques, on peut considérer que le contrat a été rempli. Aurélie Le Roy est à la tête de cet ensemble depuis trois ans. C’est avec une fierté non feinte qu’elle explique que le niveau de rentabilité atteint ici est le meilleur enregistré sur tous les centres Marques Avenue installés en province. « Nous totalisons 11 800 m² de surface de vente, précise-t-elle, et 270 personnes sont employées sur le site quotidiennement. Pour nos recrutements, nous travaillons avec une cellule de reclassement, en particulier pour ce qui concerne les ex-salariés de l’industrie de la chaussure, et avec Cap Emploi. » La zone de chalandise du centre est évaluée à 150 km autour de Romans. « Les boutiques du centre-ville ont bien résisté à l’arrivée de Marques Avenue, poursuit Aurélie Le Roy. Cela tient sans doute au fait qu’ici, il y a toujours eu de nombreuses boutiques multimarques. D’autre part, ces commerçants se sont calés sur nos horaires et nous ne disposons dans le centre que de deux points de petite restauration. Le but était aussi de générer du trafic vers les restaurants et les bars de la ville. » En traversant la vaste place Jean-Jaurès, qui marque un peu la frontière entre Marques Avenue et la vieille ville, on découvre un centre historique où les boutiques sont nombreuses. C’est un peu moins vrai dans certaines petites artères qui descendent doucement vers l’Isère. Par endroits, beaucoup de vitrines sont vides, des rideaux baissés. « C’est vrai pour certaines petites rues parallèles à l’artère commerçante des Cordeliers, reconnaît Henry Bertholet, mais, avec ou sans Marques Avenue, ces commerces périclitaient de longue date. Les échoppes étaient trop petites et plus adaptées. Nous réfléchissons encore au moyen de réhabiliter cette partie du centre-ville… » Sur le site même de Marques Avenue, Jean-Michel Wilmotte, l’architecte choisi par Alain Salzman pour concevoir les centres, a fait un travail alliant sobriété et pertinence. Certaines boutiques occupent l’ancien mess des officiers. Des façades mêlent le verre, le métal et la pierre dans un ensemble qui a bien vieilli, dix ans après sa conception, sur un plan stylistique. On trouve là des marques plutôt positionnée haut de gamme (Lancel, Aubade, Le Creuset, Sandro…) avec cette philosophie chère au fondateur de Concept & Distribution : faire du « low-cost » de qualité.

Source : www.bienpublic.com, 05.03.2009

 

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