" Assouplir les règles appliquées au commerce se révèle difficile.
LA SAISON des bonnes affaires débute cet été sur fond de double polémique : d’une part, la question de l’ouverture des magasins le dimanche, de l’autre un projet de réforme des soldes qui divise professionnels et politiques. Sur l’ouverture dominicale, Renaud Dutreil, le ministre des PME et du Commerce, jugeait dernièrement encore que la loi « constitue un compromis équilibré entre les intérêts des salariés, des entreprises et des consommateurs ». Mais des voix nombreuses la jugent inadaptée et s’indignent de la condamnation de Louis Vuitton sur les Champs-Élysées, et d’Usines Center en banlieue parisienne à ne pas faire travailler leurs salariés le dimanche. « Aujourd’hui, situation d’une absurdité totale, affirme Christian Pimont, président du directoire de Celio. Sur une même avenue comme les Champs, certains ont le droit d’ouvrir, comme un marchand de chaussures, d’autres non, comme nous. C’est un débat franco-français grotesque. »
Déduction de charges
Jean-Jacques Salaün, directeur général de Zara France, est aussi pour l’ouverture des magasins le dimanche. Mais « en donnant le choix aux salariés. Comme nous le faisons lors des cinq dimanches autorisés par an : nous avons beaucoup de volontaires, car c’est payé double et récupéré. Ça ne veut pas dire qu’on le ferait partout ». Le député UMP de Paris Pierre Lellouche prépare un projet de loi qu’il espère finaliser cette semaine, pour autoriser le travail le dimanche sur la base du volontariat. Il demande pour ce jour-là, « une déduction de charges », et une prime pour les salariés représentant 50% à 100% du salaire journalier.
Le débat sur les soldes est plus nouveau. C’est Thierry Breton, le ministre des Finances, qui l’a lancé en janvier, en se disant prêt à étudier l’opportunité de faire plus de périodes de soldes dans l’année. Renaud Dutreil s’est immédiatement opposé à cette idée. Les deux ministères cherchent désormais un compromis et leur travail de concertation devrait être finalisé dans les prochaines semaines. Selon Charles Melcer, président de la Fédération nationale de l’habillement, hier, la réforme prévoit d’inscrire dans la loi la date de début des soldes. Enfin, « il est prévu deux semaines, en dehors de ces deux périodes, pour vendre à prix coûtant et sans annonce de remise des produits de fins de séries, hors textile, déclare-t-il. Il n’est désormais plus question d’un projet de loi autorisant la vente à perte en dehors des soldes. Nous y étions fermement opposés » !"
Source : http://www.lefigaro.fr/eco-entreprises/F. C. et M. V. ,28 juin 2006