Cholet : "Marques avenue : dans la cohue des soldes"

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Hier matin, sur le parking, les places étaient chères. On est venu consommer parfois de loin et souvent en groupes. « Le temps, c’est de l’argent ! » 10 h à peine. Comme des moineaux, le groupe de nanas s’égaille. En riant. À cinq dans la petite voiture, y compris la jeune Fantine, les Morbihanaises d’Auray ne sont pas venues jusqu’à Marques avenue, à deux heures de route du bercail, pour papoter mais pour acheter. « On vient deux fois par an, à chaque premier jour des soldes, et on habille nos enfants pour toute la saison », racontent Valérie et Sandrine. La première, maman de trois petits, s’est fixée jusqu’à 500 € de budget. Sa copine Sandrine, à la progéniture moins « ample », n’ira pas au-delà de 300 €. Pendant ce temps, celle qui a tenu le manche, Laurence, mord dans une banane réparatrice ; d’autant plus que le déjeuner, tout à l’heure, devra tenir dans une version camping : sandwichs et vingt minutes chrono. Pour la conductrice aussi, c’est une journée emplettes, mais pas à plus de 100 € : « Moi, je n’ai pas d’enfant ».

Des acheteurs de partout

Plus loin, d’un monospace immatriculé en Charente Maritime, débarque un quatuor également pressé. « Il faut qu’on soit rentré chez nous pour 16 h 30. À cause des enfants ! » Marina, d’origine choletaise, mène la troupe, comme à pareille époque chaque année. « Je fais connaître Marques avenue à toutes mes copines. Évidemment que ça les intéresse : à La Rochelle, aujourd’hui, les prix soldés sont les mêmes qu’ici en temps normal ».

Sur l’immense parking (500 places), tournent maintenant en boucle des voitures arrivant de partout : 44, 86, 53, 72, 79. Brigitte est justement des Deux-Sèvres, plus exactement de Thouars. Elle dit ne pas compter ses sous - « J’ai les moyens, j’avoue ! ». Pendant des années, elle n’a pas non plus compté les kilomètres, au moment des soldes. « J’allais un jour à Tours, un autre à Angers, le lendemain à La Rochelle. Mais depuis que La Séguinière existe, je commence toujours par là car j’aime particulièrement les produits qu’on y vend : je les trouve originaux ».

Il est 11 h et, au stationnement, les places libres sont rares. Un vigile, qui surveille le flot des véhicules, assure avoir été spécialement recruté pour les plus grosses journées : « Je serai là encore mercredi prochain et les deux samedis à suivre ». Boulot moins facile qu’il y paraît : « La plupart des gens sont sympas, mais y’en a... Comme cette dame tout à l’heure qui, en attendant une place, s’était arrêtée en plein milieu ; elle coinçait toute une file derrière. J’ai demandé gentiment qu’elle se mette de côté. Elle a eu à me dire qu’elle n’était pas mon chien ! »

Bref, ici des tracas. Là-bas, des achats. Des tas. Souvent en vitesse. Même pour celles du coin, de La Tessoualle par exemple. Françoise et Blandine ont beau ne pas habiter loin, ce sera midi, dernier carat, pour la valse des portemanteaux et des bacs à pulls. « Nos hommes gardent les enfants jusque-là mais pas après. Alors !!!! »

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Source : Ouest-France, Marie-Anne Salvat, 11 janvier 2007

 

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