Centre de marques de Tournus :Les commerçants demandent la démission du président de la CCI

" Tout en continuant à préparer l’offensive au niveau national, le conseil d’administration de la fédération des Unions commerciales de Saône-et-Loire estime que Jean-Marie Billaut doit démissionner pour avoir voté en faveur du projet.

« Le conseil d’administration (de la fédération des Unions Commerciales de Saône-et-Loire Ndlr) à l’unanimité a décidé de demander par la présente votre démission du mandat de président de la CCI. Si cette demande n’était pas suivie, nous demanderions à nos adhérents, pour manifester leur mécontentement, de boycotter la partie de la taxe d’apprentissage habituellement versée à la CCI et de la destiner à un autre organisme de leur choix ». Cette lettre, Jean-Marie Billaut président de la CCI 71 doit la recevoir aujourd’hui même. C’est le dernier épisode en date de l’affaire du centre de marques de Tournus. Retour en arrière. Lors de la réunion de la CDEC (1) la Chambre de Commerce jusque-là hostile à ce centre avait changé d’avis et voté pour. Les promoteurs n’ayant pas obtenu avis favorable parce que la représentante des consommateurs s’était abstenue aux côtés de Mâcon et de la Chambre des Métiers ont néanmoins, avec ce soutien, un nouvel argument à faire valoir au niveau de la commission nationale. « C’est inadmissible, expliquent les représentants des UCIA du département, on a dépassé les limites et maintenant on ne va plus les lâcher. La commission commerce de la CCI avait décidé de voter contre ; le bureau, en présence de son président, avait lui choisi l’abstention ce qui était à la limite acceptable. Mais dans la nuit précédant la commission, M. Billaut a changé d’avis. Il en avait le droit, mais il n’avait pas celui de se moquer du travail des gens qui travaillent bénévolement avec application dans les commissions. Il y a un très grave malaise et il faut que celui qui l’a créé en assume toute la responsabilité ». Le centre de marques, bien sûr ils n’en veulent pas, ici ou ailleurs parce que c’est la fin du petit commerce. « Pourquoi verser des fonds FISAC pour revitaliser le petit commerce et les centres villes et dans le même temps tout faire pour que ceux qui vont le tuer soient les bienvenus. Pour un emploi créé dans un centre de magasins d’usine, quatre seront perdus dans la fameuse zone de chalandise de 200 km déclarait Jean-Pierre Raffarin en 1995. Rien n’a changé et le calcul est facile à faire : 400 ici égal moins 1 600 ailleurs ». C’est ajoute Patrick Raffin de Cluny président de la fédération, au nom de la liberté d’entreprendre que le président Billaut a justifié sa décision, « et bien avec un tel argument supprimons les commissions départementales, régionales et nationales et tout organisme travaillant à un aménagement cohérent du territoire et laissons faire ce sera tellement plus simple ». Ainsi, alors que se prépare le dossier qui viendra devant la commission nationale avant le 12 février, l’opposition est totalement contre « cette chambre de commerce d’industriels » et son président suspecté d’avoir cédé à des pressions « dans la droite ligne de certaines unions sacrées politiques complètement ahurissantes » autour de ce dossier. Interrogé hier le président Billaut se limitait à souligner « que n’ayant pas encore reçu officiellement ce courrier il ne pouvait y répondre mais qu’il ne manquerait de s’exprimer après l’avoir lu et analysé et d’apporter tout commentaire utile »."

Jean-Luc Cottier

(1) Commission départementale d’équipement commercial, composée de 6 membres elle doit donner son avis pour toute surface de vente nouvelle de plus de 300 m2.

Source : http://www.lejsl.com/actu/setl/20061114.JSA0051.html, 14 novembre 2006

 

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