Réunion annulée. L’UFC-Que choisir, CLCV41, Familles rurales et La Famille blésoise ne se rencontreront pas ce vendredi matin, comme cela avait été envisagé. Les quatre associations de consommateurs devaient discuter du projet « village de marques » à Romorantin, et arrêter une décision : pour ou contre. Leur voix sera cruciale dans le bras de fer qui se jouera jeudi 17 en Commission départementale d’équipement commercial (CDEC). La CCI et la chambre de métiers devraient se prononcer contre le projet. Jeanny Lorgeoux, maire de Romo, et Jean-Pierre Albertini, maire de Salbris, seront pour. Le choix des consommateurs fera basculer cet équilibre. « C’est une lourde responsabilité », admet Yves Williot, de la CLCV. Le projet porte sur 88 boutiques, 20.000 m², 53 millions d’euros d’investissement. Le promoteur, Unibail, annonce des marques de luxe à prix dégriffés. Plusieurs commerçants prédisent la ruine des centres-villes s’il se réalise. « Sur un sujet aussi sensible, nous devons prendre le temps de la réflexion », temporise Yves Williot. La CLVC tiendra un conseil d’administration mardi. Familles rurales devait se réunir hier soir. L’UFC-Que choisir s’est décidé en décembre. Bernard Torchet, titulaire du siège des consommateurs à la CDEC, fera la synthèse des décisions mercredi, et votera en ce sens jeudi, après avoir interrogé Unibail. « Je ne communiquerai pas le choix des associations avant jeudi », insiste Bernard Torchet, pour dompter les impatiences. Rien ne filtre. Pour le projet de Mer, les associations avaient voté contre (NR du 4 juillet). Feront-elles de même sur Romo ? L’association Familles de France de la capitale solognote espère le contraire. Sa présidente, Colette Scherer, n’a pas voix à cette CDEC mais a tenu à envoyer un courrier à Bernard Torchet : « C’est un formidable espoir de développement, pour redynamiser notre bassin, où le départ de Matra a laissé de nombreuses familles dans le désarroi. Nous avons réalisé un petit sondage sur Romorantin : environ 500 personnes. Les avis “ pour ” sont très largement majoritaires. » Ce courrier de Colette Scherer pèsera-t-il ? « Je ne sais pas. Les avis, au sein des associations, sont très partagés », répond Yves Williot. « Ce dossier est particulièrement délicat », botte aussi Agnès Legout-Catelain, présidente de l’UFC-Que choisir. A J-7, le suspense reste entier.
Emmanuel VAUTIER
Source : La Nouvelle République 11/01/2008